Le développement des réseaux d'information représente une occasion extraordinaire d'accélérer l'échange de savoir et de données au sein de l'entreprise et entre les entreprises. Mais cette opportunité est aussi un risque: celui de ne pas réussir à transformer cette information en valeur ajoutée pour l'entreprise. L'objectif réel de la gestion des connaissances ne se limite pas à une simple organisation de l'information; il est de permettre que l'échange favorise l'émergence d'un nouveau savoir, plus riche et plus accessible qui contribuera à élargir la créativité de l'entreprise.

En ce sens, la gestion des connaissances acquiert ses lettres de noblesse dans l'entreprise et apparaît comme un véritable investissement, rentable. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont d'ailleurs considérablement abaissé les coûts de stockage, de traitement et de diffusion de l'information. Aujourd'hui, les systèmes d'information des entreprises intègrent plus facilement des outils de knowledge management et l'ensemble des acteurs de l'entreprise prend part à la gestion des connaissances. En ce sens, plus le stock de connaissances est riche, plus il est consulté et plus chacun y contribue.

Les entreprises qui sont fragilisées par une rotation rapide de leurs talents sont plus attentives à la capitalisation de leur savoir, de crainte de perdre des pans entiers de leurs compétences. Cette stratégie défensive vise à protéger un acquis déterminant. A l'opposé, une société attentive à la capitalisation de son savoir et à sa valorisation est de nature à attirer les talents.

Le partage des connaissances ne se décrète pas, il se met progressivement en place sur le terrain pour répondre à des besoins spécifiques. La mise en commun d'expériences et d'informations est alors ressentie comme le moyen de progresser le long de la courbe d'apprentissage. Il contribue à la création d'idées nouvelles qui donneront à l'entreprise une longueur d'avance sur ses concurrents.

Les dirigeants savent qu'une large part de la capacité de réaction de leur entreprise repose sur ce qui est inscrit dans son «code génétique». Une organisation créative, en éveil, prête à réagir, se reconnaît à sa capacité autonome de changement. La gestion des connaissances participe à la conservation et au développement des savoirs dans lesquels seront puisées les énergies du renouveau de l'entreprise.

* Associé, Business Consulting, Arthur Andersen