08h30.Abyssus abyssum invocat. L'abîme appelle l'abîme. La citation des Ecritures colle parfaitement à l'atmosphère prévalant sur les marchés lundi matin. Au Japon, le Nikkei, considéré comme un indicateur avancé de la récession mondiale, décline de plus de 6% pour revenir à ses niveaux qu'il affichait en 1982. A Hongkong, la bourse plonge de plus de 12%, du jamais vu depuis une décennie.

11h00. Une heure et demie après leur ouverture, les principales places du Vieux Continent déclinent de 5% ou plus. En Allemagne, le recul du baromètre Ifo montre que les patrons se préparent à la récession. A Zurich, aucune des vingt principales sociétés helvétiques n'échappe à la baisse, forçant l'indice SMI à ployer de plus de 5%.

11h56. Le SMI touche son plus bas de la journée. Les fonds d'investissement continuent de solder massivement leurs positions, toujours à la recherche de liquidités. Les marchés à terme montre que Wall Street devrait plonger de 4% à l'ouverture.

14h30. Le plongeon de New York commence, le Dow Jones lâchant plus de 2% dès le début des transactions. Les opérateurs redoutent la confirmation du ralentissement économique que pourrait refléter, jeudi, les premières estimations de la croissance économique aux Etats-Unis entre juillet et septembre.

15h00. Surprise, New York repasse dans le vert. Contre toute attente, les ventes de logements neufs aux Etats-Unis sont reparties en hausse en septembre. Un répit dans une crise financière suspendue à l'immobilier américain. Le déblocage imminent par le Trésor des 125 milliards de dollars promis aux banques - dans lesquelles il sera actionnaire - fait remonter les établissements régionaux. Et le marché. Tout comme la conviction, de plus en plus ancrée, d'un abaissement de 1,5 à 1% des taux par la Fed, mercredi, afin de soutenir la croissance.

16h00. Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a laissé entendre une heure plus tôt qu'un abaissement des taux directeurs de l'Union est «possible», lors de sa réunion du 6 novembre. Paris et Francfort ne baissent plus «que» de 3%.

17h00. A Francfort, la bourse est passée dans le vert et le restera jusqu'à la fin de la journée, après que l'action Volkswagen eut triplé sur fond de rachat par Porsche.

17h30. Fin d'une nouvelle folle journée sur les places du Vieux Continent. Paris ferme sur un déclin de près de 4%. A Zurich, la bourse parvient à limiter ses pertes à 3,1%. En revanche, l'action UBS a continué de dévisser de 8% à 14,4 francs. Ce n'est pas la seule. Les valeurs financières ont continué de souffrir, alors que plusieurs établissements - le britannique RBS, le belge KBC, l'allemand Postbank- connaissent de nouveaux déboires. Wall Street poursuit sa route seule, s'accrochant à la hausse. Avant de retomber.

21h00. New York ferme. Le Dow Jones termine dans le rouge, sur une baisse de 2,77% à 8146,78 points. Dans quatre heures, la bourse de Tokyo redémarre. Prête à intégrer, peut-être cette note d'espoir en provenance de New York.