«L'économie va mal. Rien ne va plus. Que va-t-il encore nous arriver?» Hier, Enron, Worldcom et Swissair, aujourd'hui Rentenanstalt et tant d'autres dans les colonnes de nos journaux. On voudrait oublier. Avant que les prochains scandales n'arrivent. Les managers nous ont trahis. La confiance est rompue. On n'ose même plus croire aux nouveaux patrons qu'on nous présente, de peur d'être déçus par la suite. Finalement, qui peut savoir si ce regard franc et ces propos honnêtes ne cachent pas un nouveau directeur peu scrupuleux?

La fracture sociale, pour reprendre un terme déjà bien usité, est une menace réelle. Pour l'homme de la rue, être patron, président de conseil d'administration ou directeur est presque devenu synonyme de tricheur. Pourtant, la réalité est loin d'être aussi noire. La grande majorité des directeurs, honnêtes, de notre économie ne me contrediront pas, mais comme toujours, seules les exceptions sont montrées du doigt. Et force est de constater que ces dernières semaines, elles sont nombreuses.

Alors qu'elle aurait tant besoin d'être relancée, comment dans ce contexte-là, faire redémarrer une économie dont le moteur est grippé? Peut-être justement en restaurant cette fameuse confiance des employés envers le patronat et l'encadrement. Car sans confiance, il n'y a plus de motivation, ni même de raison ou de sens à faire quelque effort que ce soit.

La question du sens est primordiale. Ce qui fait sens, ce sont les valeurs communes, partagées non seulement par les employés et les cadres dans toute la hiérarchie de l'entreprise, mais encore à l'extérieur de celle-ci, chez les clients et auprès des fournisseurs. Pourquoi ne pas élargir ce cercle vertueux à tout le tissu social et familial, étant donné qu'il s'agit de partager des valeurs communes? L'éthique est un mot à la mode. On le rencontre partout, dans toutes les bouches et sous toutes les plumes. Personne ne s'étend sur ce terme, comme si tout un chacun devait s'entendre sur sa définition, alors qu'il me semble justement que les exemples qui montrent cruellement le contraire sont si nombreux. Il est grand temps que l'on se mette d'accord. Pour restaurer le dialogue, les patrons devraient montrer l'exemple… et le bon! Il faut une vision à long terme, à laquelle tous les employés puissent adhérer et qui permette à la fois un sentiment d'identification et d'appartenance à des valeurs communes. Il faut une ligne et des codes de conduite constants, aisés à suivre et à partager. La plupart des entreprises ont des chartes de conduite, mais mieux vaut les vivre à chaque niveau de l'entreprise. Le management a pour mission de montrer ce cap et de faire comprendre, par une information constante et transparente, que l'éthique peut se vivre au jour le jour, dans et au dehors de l'entreprise et qu'elle est liée au respect et à la responsabilité. Mon dictionnaire définit l'éthique comme la science de la morale ou l'art de diriger la conduite. Et si le vrai management n'était pas tout simplement l'art de montrer – par l'exemple – certaines lignes de conduite puis de veiller à leur bonne application?