La digitalisation des communications, alliée à une augmentation constante de la demande en faveur de services d'information et de loisirs de plus en plus sophistiqués, a provoqué un élan de créativité sans précédent au sein des entreprises du secteur. De nouvelles start-up sont apparues, capables d'innover, de croître de manière soutenue et - au fil du temps - de se mesurer à des géants comme Microsoft, Nokia ou Yahoo!.

Aujourd'hui, Second Life ou MySpace façonnent les habitudes des consommateurs de demain, tout comme Facebook, fondé en 2004 et qui recensait déjà 70 millions d'utilisateurs actifs fin 2007. Pour sa part, Google, introduit en bourse en août 2004, a vu son cours se multiplier par un facteur supérieur à cinq et sa capitalisation boursière atteindre un niveau de près de 180 milliards de dollars, talonnant celle de Microsoft, située à 270 milliards.

Modèles d'affaires

L'accélération de la digitalisation des télécommunications et des services offerts aux consommateurs ces dernières années, conjuguée à une aversion au risque des investisseurs généralement plus mesurée, a créé un environnement d'investissement différent - et plus attrayant - que celui qui prévalait en 1999, à la veille de la bulle spéculative du secteur TMT (technologie, média et télécommunications).

En effet, fait plutôt rare à l'époque, plusieurs modèles d'affaires du domaine de la communication digitale génèrent aujourd'hui des bénéfices et des liquidités abondantes et la convergence des technologies est devenue réalité, à l'instar de l'Internet mobile. Aussi le domaine de la communication digitale devrait-il continuer de susciter l'intérêt des investisseurs, grâce à trois moteurs de croissance à long terme.

En premier lieu, l'augmentation exponentielle du volume des données échangées sur les différents réseaux est appelée à se poursuivre. En effet, la durée moyenne des communications par usager s'accroît toujours davantage, tout aussi bien dans les pays développés qu'émergents. Et les taux de pénétration mondiaux ne cessent de grimper: de 55% environ en 2007, la proportion de la population mondiale utilisant un téléphone portable devrait atteindre 60% en 2008. Dans plusieurs pays de l'Union européenne, les taux dépassent d'ailleurs déjà le seuil de 100%, de nombreux usagers disposant de plus d'un abonnement mobile. Quant à Internet, dans les puissances économiques de demain comme la Chine ou la Russie, les taux de pénétration atteignent tout juste 20%, contre un taux de 70% environ aux Etats-Unis, laissant augurer de vastes possibilités.

A ces facteurs de croissance des volumes s'ajoute l'augmentation sensible, depuis plusieurs années, de la part moyenne du budget des ménages allouée aux communications digitales. Et la tendance devrait se confirmer, dans la mesure où les jeunes de moins de 18 ans passent - en dehors du temps consacré aux études ou au travail - en moyenne 14 heures par semaine devant leur ordinateur, contre une heure seulement devant la télévision (voir graphique).

Le deuxième moteur de croissance à long terme du secteur est alimenté par les nouvelles exigences en matière de disponibilité des données privées et professionnelles, qui doivent désormais être accessibles n'importe où et n'importe quand. Cette évolution de la demande provoque un déluge de nouveaux produits et services, comme ceux qui facilitent le «transport» du bureau (e-mails, calendrier, interfaces d'accès aux réseaux virtuels sécurisés) au domicile comme ailleurs.

Enfin, de nouveaux marchés se développent et remplacent progressivement d'anciens modèles d'affaires, par exemple dans les domaines du commerce en ligne ou encore de la finance. La publicité gagne d'ailleurs du terrain sur les supports virtuels, et les cartes de crédit vont progressivement laisser la place au paiement par téléphone portable.

Dans le monde entier, une multitude de sociétés du domaine de la communication digitale devraient ainsi continuer d'être soutenues par ces moteurs de croissance. Les prévisions moyennes de progression des bénéfices de ces entreprises atteignent en effet 26% pour 2008, contre 13% pour l'indice MSCI World. Tenant compte du fait que les évaluations financières moyennes de cet indice et des entreprises du secteur sont proches, les investisseurs devraient pouvoir bénéficier largement des phénomènes évolutifs de la communication digitale.