Chrysler joue son avenir cette semaine. Alors qu’arrive à échéance le 30 avril l’ultimatum posé par l’administration Obama pour établir un plan de survie réaliste, le constructeur automobile a annoncé hier soir avoir trouvé un accord avec les principaux syndicats américains et canadiens, accord qui devrait permettre d’importantes économies dans ses charges salariales. C’est presque la moitié du chemin à parcourir pour éviter une mise en faillite par le gouvernement: d’ici trois jours, le constructeur doit encore parvenir à un accord avec ses créanciers pour réduire la dette qui l’étouffe.

Les détails des accords trouvés dimanche soir avec l’UAW (United Automobile Workers) et la CAW (Canadian Automobile Workers) devraient être connus dans la journée, alors que les syndicats doivent encore les présenter et les faire voter par leur assemblée respective. Selon des sources internes citées dans la presse américaine, l’accord avec l’UAW comprendrait une prise de participation de 20% par le syndicat au capital de l’entreprise, en échange d’une réduction de moitié des quelque 10 milliards de dollars que Chrysler doit au fond d’assurance-maladie des travailleurs.

Chrysler doit encore s’entendre avec ses créanciers, dont les principaux sont JPMorgan Chase, Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley, au sujet des 6,9 milliards de dollars qu’elle leur doit. En l’état des négociations, les créanciers pourraient accepter de réduire ce montant à 3,75 milliards de dollars.

Au terme d’une évaluation en profondeur, le groupe de travail sur l’industrie automobile du Trésor américain avait conclu, fin mars, que Chrysler n’était, en l’état, pas une entreprise viable. Il lui avait alors donné 30 jours pour trouver un accord de reprise avec le constructeur italien Fiat, à défaut de quoi Chrysler devrait être mis en faillite, c’est-à-dire mis sous tutelle juridique pour une liquidation échelonnée.

En revanche, en cas d’accord avec Fiat, Chrysler pourrait toucher encore 6 milliards de dollars d’aide du Trésor pour la mise en œuvre d’un nouveau plan de production. Fin 2008, l’administration Bush avait déboursé un total de 17 milliards de dollars pour sauver l’industrie automobile américaine, et Chrysler en avait touché 4 milliards. Le mois passé, le constructeur a reçu de la part du Trésor les liquidités nécessaires pour tenir encore 30 jours, le temps de présenter un plan de survie réaliste.

Mais nombre de commentateurs estiment qu’il y a peu de chance qu’une alliance se conclue avant le 30 avril, notamment parce qu’une mise en faillite serait plus avantageuse pour Fiat, qui pourrait alors choisir les meilleurs morceaux de Chrysler en laissant de côté les parties non rentables.