Outre la baisse du bénéfice net et l’érosion de ses ventes, Implenia a vu son résultat opérationnel se diviser par deux à 10,5 millions de francs. Cette chute s’explique par la vente de la gérance Privera, dont les revenus avaient atteint 13,4 millions au 1er semestre 2008, a relevé Anton Affentranger, patron et président du conseil d’administration, mardi devant la presse à Zurich.

En faisant abstraction de cette vente, le résultat EBIT augmente de 7% à 13,6 millions, a-t-il ajouté. Raison pour laquelle le numéro un de la construction en Suisse qualifie son 1er semestre de convaincant.

Autre motif de satisfaction pour le groupe: à fin août, le carnet de commandes atteignait 3,2 milliards de francs. Ce montant garantit déjà la moitié du chiffre d’affaires prévu pour 2010, s’est félicité M. Affentranger. Et il se répercutera aussi sur les années suivantes. Les secteurs de l’entreprise générale et de la production sont les principaux générateurs de ces contrats.

Compte tenu de ce niveau «réjouissant», Implenia s’attend à un chiffre d’affaires stable sur l’exercice 2009. Le bénéfice net devrait pour sa part être légèrement supérieur à celui de l’année passée, où il était ressorti à 41 millions de francs.

Seule ombre au tableau, les collectivités publiques peinent à payer leur dû. Quelque 120 millions de francs sont en suspens pour des travaux effectués à leur demande. Pour l’instant, le groupe n’a pas non plus bénéficié du programme de relance lié à la construction lancé par la Confédération.

En conflit avec son actionnaire majoritaire Laxey, la direction d’Implenia se montre déterminée à ce que le fonds britannique cède son paquet d’actions à un tiers. La dernière tentative en ce sens a échoué au printemps. Tant le conseil d’administration que la direction sont pourtant d’accord avec cette stratégie à l’égard de Laxey, a répété M. Affentranger.

Laxey détient un peu plus de 50% du capital du groupe de construction. Mais il a violé ses devoirs d’annonce, ce qu’un jugement du Tribunal administratif fédéral (TAF) a confirmé, a-t-il ajouté. Le Tribunal fédéral (TF) a en outre rejeté les plaintes de Laxey contre la direction d’Implenia.

Anton Affentranger, fervent opposant au fonds britannique, continue à croire que Laxey doit se défaire de son paquet d’actions. Il s’agit de la seule solution valable à ce conflit, a relevé le patron d’Implenia. «Je suis convaincu qu’on y arrivera à un moment donné, mais je ne sais pas quand».

Le président et directeur compte en outre conserver son double mandat jusqu’à fin 2010 au plus tard. M. Affentranger gère ces deux postes depuis avril, soit depuis que Werner Karlen, nommé patron deux mois plus tôt, a jeté l’éponge.

Cette double casquette n’est pas une situation idéale, a reconnu M. Affentranger. Mais le groupe veut se donner le temps de rechercher un nouveau directeur général. Le processus est en cours, à l’interne comme à l’externe.