Il n’y aura pas eu de répit. Même en octobre, traditionnellement l’un des meilleurs mois de l’année, les exportations horlogères ont connu un recul. Au total, sur un an, la valeur des garde-temps suisses envoyés dans le monde s’est contractée de 12,3% à 2 milliards de francs. «Deux milliards de francs, alors que cette barre était traditionnellement largement dépassée», commente la Fédération horlogère (FH).

Certes, un jour ouvrable en moins et un effet de base ont joué un rôle défavorable sur ce résultat. «Mais c’est surtout la forte contraction des principaux marchés asiatiques et des États-Unis qui a pénalisé le résultat», reconnaît la FH. Les exportations en direction du Japon ont réussi à se maintenir au niveau de 2014.

Pire mois de l'année pour Hongkong

Les ventes à destination de certains pays européens (Allemagne, Italie) ont connu l’une de leurs rares baisses de l’année (respectivement -4,7% et -4,1%). La France (+7,1%) et le Royaume-Uni (+11,5%) ont mieux résisté.

Dans le détail, la valeur des montres envoyées à Hongkong, première destination pour les montres helvétiques, a reculé de 38,5%. Le pire mois de l’année pour cette destination. Le ralentissement économique chinois et les mesures anti-corruption prises par le gouvernement expliquent notamment cette chute de la demande.

«Le secteur horloger devra oublier l’année 2015», philosophait un analyste de Kepler Cheuvreux, cité par l’agence Bloomberg.

Baisse générale de 5% en octobre

Au-delà du secteur horloger, la force du franc a continué d’affecter le commerce extérieur dans son ensemble. Au total, les exportations ont chuté de 4,7% en octobre, à 18,8 milliards de francs.

La baisse concerne aussi les importations qui se sont repliées de 11,6% sur un an à 14,7 milliards de francs, a indiqué jeudi l’Administration fédérale des douanes, cité par l’ATS. S’y ajoute une diminution des prix de 6,7%. La balance commerciale boucle avec un excédent record de 4,2 milliards de francs.

Outre l’horlogerie, c’est l’industrie métallurgique (-12%) et celle des machines et de l’électronique (-11,3%) qui ont souffert. L’industrie du papier et des arts graphiques ont en outre accusé la plus forte contraction (-19%).

La performance de la chimie-pharmacie s’explique principalement par une hausse des ventes de produits immunologiques (+6%), de médicaments (+5%) ainsi que de matières premières et de base chimiques (+37%), relève l’AFD.