Le rebond des prix du pétrolea été de courte durée

Matières premières L’or noir n’a arrêté de dégringoler que durant trois séances

La chute va se poursuivre, selon les analystes

Environ 72 heures. Les prix du brut ont réussi à enrayer la dégringolade qu’ils connaissent depuis l’été dernier durant environ trois séances. Alors qu’ils avaient perdu plus de 50% de leur valeur depuis juillet 2014, les deux vedettes de l’or noir – le Brent coté à Londres et le «Light Sweet Crude» (WTI) coté à New York – ont repris des couleurs ce début de semaine. Respectivement de 17% (à 58 dollars) et de 19% (à 53 dollars). Avant de retrouver leur routine baissière mercredi: – 3,49% pour le Brent (55,89 dollars) et – 5,18% (50,30 dollars) pour le WTI.

Les raisons de cette accalmie? «Elles sont multiples», répondent comme à l’accoutumée les analystes. Pour Ole Hansen, la raison principale est «le sévère coup de frein sur la production annoncée aux Etats-Unis». L’analyste de Saxo Bank estime que «la surproduction américaine était l’une des principales causes de l’effondrement du prix du brut ces derniers mois. Le fait qu’on l’enraye est un signal fort» envoyé aux investisseurs. De même que les coupes brutales dans les investissements. Ces derniers jours, en marge de la publication de leurs résultats annuels, les géants du secteur (ExxonMobil, Shell, BP, Chevron) ont tous annoncé des retards ou des annulations dans leurs projets les plus complexes. Ou situés dans les régions les plus hostiles (Arctique, nord du Canada, etc.)

D’autres phénomènes ont également participé à cette reprise: l’affaiblissement du dollar, l’intensification des combats en Libye (faisant baisser à nouveau la production locale) ou les annonces de grèves dans les raffineries américaines.

Toutefois, «un excédent d’offre ne disparaît pas en une nuit et la question de savoir si ce rebond sera durable reste en suspens», prévenait Chris Beauchamp, de IG Bank, dans une note. C’est l’avis de plusieurs analystes pour qui cette accalmie sera de courte durée. «La fête est déjà terminée et les investisseurs prennent leurs profits», estime Ole Hansen.

Selon les analystes consultés par Bloomberg, la moyenne 2015 du prix du Brent devrait toutefois se monter à 61 dollars alors que le WTI devrait s’arrêter à 57 dollars.

«Après ces trois séances, la fête est déjà terminée et les investisseurs prennent leurs profits»