La récession a pesé fortement sur la productivité du travail dans l’économie suisse au premier trimestre. Le volume d’activité a dégringolé, alors que la main-d’oeuvre helvétique était encore peu entamée par les réductions d’effectifs. L’indice ATS/BAK a subi en conséquence une baisse record entre janvier et mars, chutant de 3,3% par rapport à la même période de l’an passé, et de 0,7% comparé à octobre-décembre. Il se monte désormais à 115,2 points, a indiqué lundi l’institut BAK Basel Economics, qui le calcule sur mandat de l’Agence Télégraphique Suisse (ATS).

Record

En rythme annuel, l’indicateur affiche son plus fort recul depuis sa création en 1994. L’ampleur de la chute s’explique par un double phénomène: le spectaculaire repli conjoncturel observé sur la période janvier-mars, conjongué avec des capacités de production qui restaient encore en légère hausse à cette époque.

Sur les trois premiers mois de l’année, le produit intérieur brut (PIB) réel s’est contracté de 2,4%, soit la pire déconvenue depuis plus de 30 ans. Parallèlement, le nombre d’emplois - comptabilisé en postes à plein-temps - a progressé de 1,2%.

Si le nombre de postes s’est maintenu provisoirement, c’est parce que jusqu’ici les employeurs se sont adaptés à la faible marche des affaires en exploitant au maximum la baisse des heures supplémentaires et le chômage partiel.

Mais l’emploi ne résistera pas longtemps à la conjoncture, préviennent les experts bâlois. Ces instruments de modulation du temps de travail ne suffiront pas pour tenir le coup jusqu’à la reprise: les entreprises devront bien finir par tailler dans leurs effectifs pour réduire leurs charges ces prochains trimestres.

Hausse sur le long terme

Sur le long terme, les travailleurs suisses ont nettement accru leur productivité horaire. Celle-ci s’est améliorée de 15,2% en l’espace de quinze ans, ce qui représente en moyenne une progression d’un peu plus de 1% par année ou de 0,25% tous les trois mois.

Les plus fortes hausses ont été enregistrées en 2000, 2005 et 2006, alors que de nets reculs ont marqué les années 1999, 2003 et 2008.