Dans un récent rapport sur la situation économique en Suisse et sur les mesures de stabilisation, qui a été approuvé par le Conseil fédéral, le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) a passé en revue un certain nombre de points afin de motiver l’orientation à donner à d’éventuelles mesures de stabilisation supplémentaires. Une chose est sûre, le Seco préfère se montrer prudent. «Il paraît judicieux de ne pas précipiter les choses», indique le secrétariat. Et d’ajouter à l’attention du Conseil fédéral: «Eu égard à la mécanique des prévisions, l’automne 2009 serait un moment approprié pour prendre une décision.» Autre crainte du Seco, le déclenchement d’une troisième phase «pourrait ne pas être anodine car elle risquerait d’exiger un relèvement du plafond des dépenses inscrites au budget 2010». Cette démarche impliquerait alors un gonflement de la dette de la Confédération.

Pour le Seco, troisième plan doit rimer avec retrouver le chemin de la croissance. Pour ce faire, le secrétariat propose toute une série de mesures qui ne «devraient pas viser à renforcer la demande à grande échelle – ce qui est à la fois coûteux et peu efficace – mais amortir de manière ciblée les effets de la crise pour les agents économiques particulièrement touchés».

L’accent de la troisième phase devrait donc être mis sur la consommation. Le Seco avance trois axes pour y parvenir. Le premier consisterait à promouvoir des mesures pour éviter les décisions procyclique ou à en restreindre les effets. «En phase de récession, il faudrait proscrire toute augmentation des prélèvements ou réduction des dépenses», souligne le rapport. Le deuxième aurait pour objectif d’endiguer la montée du chômage. Deux éléments sont essentiels: faire en sorte que le moins possible de personnes soient poussées vers le chômage longue durée et éviter que les jeunes ne puissent prendre pied dans le monde du travail. Enfin, le troisième axe comprendrait une poursuite de la politique de croissance et des mesures de promotion de la place économique, notamment grâce à des investissements consentis dans les domaines de la recherche et de la formation. En revanche, la construction n’est pas une priorité, ajoute le Seco. Le troisième plan ne doit pas non plus mettre l’accent sur les exportations. Quant au new green deal, il n’en est pas fait référence dans le rapport.