Tourisme

Cibler les réseaux sociaux

Les professionnels du tourisme sont encore trop peu présents sur Internet, selon les experts

Cibler les réseaux sociaux

En 2014, près de deux tiers (63%) des habitants en Suisse ont réservé sur Internet leurs voyages, excursions ou vacances (selon Allianz Global Assistance/Fédération suisse du voyage 2014), contre un peu plus de la moitié (53%) en 2012. «Une stratégie marketing sur Internet est par conséquent indispensable. Pour le choix d’un hôtel, les clients se basent sur les recommandations de leurs amis et connaissances», note Casimir Platzer, président de GastroSuisse.

David Labouré, formateur spécialisé dans les réseaux sociaux, estime aussi que les hôteliers doivent être plus actifs. «Si on est prêt à y consacrer suffisamment de temps avec de bonnes connaissances, ces plateformes offrent de nombreuses possibilités. Avec un peu de budget, Facebook permet d’effectuer une campagne publicitaire très ciblée. Le public visé peut être sélectionné, par exemple, en fonction de sa position géographique, son âge ou ses centres d’intérêt, explique le spécialiste, qui conseille également d’alimenter sa page Facebook avec du contenu varié comme des photos et des vidéos. Il s’agit aussi d’identifier les heures auxquelles poster son contenu en fonction de sa cible.»

Dialoguer sur TripAdvisor

Quelques hôtels ont une présence marquée sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et Pinterest. C’est le cas, par exemple, du RoyAlp Hôtel & Spa à Villars-sur-Ollon (VD) ou de l’hôtel The Alpina à Gstaad, qui ajoute, pour sa part, un blog, une playlist Spotify et un lien sur TripAdvisor. Le Gstaad Palace a même une présence sur Weibo, le réseau social phare en Chine. Il s’agit souvent de palaces qui doivent avoir les moyens d’engager des agences ou qui ont une équipe marketing/communication à l’interne. David Labouré rappelle qu’il est également important de répondre et dialoguer avec les voyageurs qui laissent des commentaires négatifs ou positifs sur des plateformes d’avis comme TripAdvisor.

Francis Barlier, directeur de l’Hôtel du Pillon aux Diablerets, l’a compris. Il conseille à ses clients satisfaits de laisser un commentaire sur le site de l’hôtel, qui se trouve, d’ailleurs, très bien référencé. Et l’hôtelier n’hésite pas à réagir, très souvent sur le ton de l’humour, à toute critique négative. «Certains clients viennent dans mon établissement, amusés par mes réponses», relève-t-il.

Le spécialiste en marketing digital Matthieu Corthésy conseille aux hôteliers et aux offices du tourisme de partager des photos ou des vidéos «maison» sur les réseaux sociaux. «Chez les plus jeunes clients, le choix d’un hôtel ou d’une destination se fait en fonction des images qu’ils verront avant de partir.»

Blogueurs français

Il s’agit aussi de faire connaître sa région via des blogueurs spécialisés dans le voyage. «Ce sont des influenceurs du Web», suivis par des milliers de personnes. C’est très important de faire ce type d’opération, estime Mathieu Corthesy. Ces «leaders d’opinion» sont capables d’influencer leur communauté.» La station des Diablerets a tenté l’expérience et a invité deux blogueurs français, auteurs du site Bestjobers. Ils ont rendu visible cette région auprès de 16 000 fans Facebook et des 61 000 abonnés Instagram.

Reste que pour l’instant, les stations ne seraient pas encore assez connectées, selon une étude de l’Observatoire valaisan du tourisme. L’enquête qui a mesuré les performances sur Facebook, Twitter, YouTube, Google + et Instagram de 280 organisations touristiques dont 160 en Suisse révèle que la région la mieux notée est Samnaun dans les Grisons, suivie de Gstaad et Zermatt. En huitième position se trouve la station d’Ovronnaz. Elle serait ainsi l’une des régions romandes les mieux évaluées par les clients des hôtels. C’est ce qui ressort d’une analyse de plus d’un demi-million de commentaires laissés en ligne en 2014.

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