EasyJet a annoncé hier une rentabilité record, pour la cinquième année consécutive, avec un bénéfice net en hausse de 22%, à 839 millions de francs. Les performances 2015 de la compagnie britannique à bas coût ont été dopées par un plus grand nombre de passagers transportés (+6%, à 68,6 millions d’usagers) et par la baisse des prix du kérosène. Le chiffre d’affaires du groupe s’est quant à lui étoffé de 3,5%, à 7,18 milliards de francs. A taux de change constant, il a même progressé de 6,5%. Quant au taux de remplissage moyen, il a progressé de 0,9 point de pourcentage, à 91,5%, un pic de 94,4% ayant été atteint au mois d’août dernier.

A taux de change constant, toujours, et hors effets des cours du brut, les marges par client d’EasyJet ont également évolué durant l’exercice clos le 30 septembre dernier. Ainsi, le coût par siège a diminué de 3,4%. Toutefois, si l’on ne tient pas compte de la réduction des charges liées au carburant et de l’évolution favorable des taux de change, l’appréciation recule en réalité de 3,6%. La directrice générale de la compagnie, Carolyn McCall – dont le salaire annuel est estimé à 1 million de francs, pour un bonus de 1,8 million par an et 9 millions de parts dans le groupe –, se veut confiante à court et à long terme. Raison pour laquelle la politique de redistribution du groupe – traditionnellement, 40% des bénéfices après impôts – a été améliorée de près de 22% cette année, pour atteindre l’enveloppe totale de 236 millions de francs, soit environ 85 centimes par action, contre quelque 70 centimes un an plus tôt.

Maintenir son leadership numérique

Autre signe de sérénité pour l’avenir: EasyJet a annoncé la conversion d’options d’achat en commandes fermes, assortie d’acquisitions supplémentaires pour enrichir sa flotte actuelle. Soit 36 nouveaux appareils (6 Airbus A320 et 30 de dernière génération A320neo), pour un programme initial de 135 avions neufs, conclu en 2013. Ces derniers, livrables entre 2018 et 2021, pour un prix catalogue de 3,83 milliards de francs, n’ont pas encore été alloués à des marchés en particulier. «Pour nous, 2018, c’est encore loin. Mais vu les opportunités de croissance sur les plus gros nœuds de notre réseau et autres bases existantes avec, du reste, un profil risque très faible, il nous fallait anticiper cette augmentation de capacité», résume Thomas Haagensen, directeur commercial de la compagnie pour l’Europe du Nord.

A quoi doit-on s’attendre pour 2016? Le premier avion équipé de la technologie Avoid (détection de cendres volcaniques) entrera en fonction en janvier. Idem pour l’inspection des appareils par drone. Sans oublier le nouveau site internet d’EasyJet, avec des fonctions enrichies. «Nous sommes une société d’e-commerce qui doit garder son leadership digital. Nous avons observé une hausse de 83% des commandes via mobile ou tablette depuis 2014», indique Thomas Haagensen.

Programme d’intelligence artificielle

Hier, la première compagnie d’Europe en termes de réseau s’est dotée d’un nouveau chef du Big Data. Ses objectifs: réduire les coûts et accroître la rentabilité, grâce à l’intelligence artificielle, soit en prédisant notamment la défaillance d’un composant, en adaptant les stocks et les besoins en nourriture et en boisson sur chaque vol, etc.

Le nouveau programme de loyauté, expérimenté en Suisse, sera aussi lancé officiellement en début d’année prochaine. Son principe: des services sur mesure pour les voyageurs fréquents, avec une hotline spéciale. «Le système traditionnel de Miles à cumuler est démodé, complexe à gérer et coûteux pour les compagnies. Il ne répond d’ailleurs plus aux besoins de la clientèle», conclut Thomas Haagensen.