Sous le thème de «La Suisse aux multiples facettes», la BNS lancera le 12 avril l’émission de la neuvième série de billets de banque. Après le billet de 50 francs, viendra le tour du billet de 20 francs dans un an. Celui de 100 francs sera le dernier à être mis en circulation, courant 2019. Malgré diverses critiques, la BNS maintiendra les billets de 1000 francs, a assuré la BNS.

Le billet de 50 francs a le vent pour thème principal, évoquant ainsi l’éventail des possibilités. Au recto figurent la main tenant une dent-de-lion ainsi que le globe et les flèches de vent, alors que des sommets et un parapente ornent le verso. C’est la première des six coupures à être mise en circulation, a indiqué à la presse jeudi à Berne Thomas Jordan, président de la direction de la BNS. Uniques par leur graphisme et à la pointe du progrès technologique pour leur sécurité, les nouveaux billets veulent être «une carte de visite attrayante pour la Suisse», selon Thomas Jordan. 

«Sur le billet de 50 francs, nous racontons une histoire qui met en scène une Suisse invitant à l’aventure», a déclaré la graphiste. Le vent crée lui-même sans cesse le mouvement. Il est le souffle que nous expirons. Il fait naître le rêve de voler, selon la BNS. «Le vent a une force telle qu’il peut porter l’homme en lui donnant un sentiment de liberté», a expliqué Manuela Pfrunder. 

La Suisse de l’aventure

Chaque coupure montre un aspect caractéristique du pays qu’illustrent divers éléments graphiques. La BNS a renoncé en effet à faire figurer des personnalités. Pour la neuvième série, le graphisme a été confié en 2007 à Manuela Pfrunder. La main est le plus marquant des éléments récurrents. «Le portrait réduisait la présence humaine à une personnalité éminente du passé, la main l'étend quasiment à l'ensemble de l'humanité», a indiqué cette dernière.

Chaque billet présente une facette de la Suisse. Les six coupures montrent «une Suisse bien organisée, dédiée à la culture, invitant à l’ouverture, empreinte de tradition humanitaire, vouée à la recherche et axée sur le dialogue», a indiqué Thomas Jordan. 

Plusieurs soucis techniques

L’émission était initialement prévue en 2010, mais elle a été repoussée à deux reprises pour des raisons techniques. Les francs sont réputés pour être les plus sûrs et la nouvelle série ne doit pas faire exception.

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«La sécurité est unique en son genre», a ajouté Fritz Zurbrügg, membre de la direction générale. La banque a décidé de développer le substrat Durasafe en collaboration avec la société grisonne Landqart. Il s'agit d'un substrat à trois couches, constitué de deux couches de papier fabriquées à partir de coton et renforcées au centre par un coeur de polymère, a-t-il fait valoir. 

Le test d'authenticité

Les éléments de sécurité sont nombreux. Le premier test possible est celui du globe, situé au recto. Si l'on incline le billet de gauche à droite, un arc doré se déplace sur ce globe. Si l'on tient le billet devant soi et qu'on le penche vers l'arrière, le globe change de couleur, a indiqué Andréa Maechler, membre de la direction générale. Un deuxième est celui de la bande de sécurité placée dans la moitié inférieure. Si l'on incline le billet de gauche à droite, des chiffres rouges et verts apparaissent sur quatre lignes et se déplacent dans des directions opposées. 

Les frais de production s'élèvent à 40 centimes par billet, ce qui représente un coût supplémentaire de quelque 10 centimes supplémentaires, a ajouté Fritz Zurbrügg.

Nous voulons nous maintenir à la pointe du progrès technologique dans le domaine des billets de banque.

Thomas Jordan a expliqué pourquoi une nouvelle série était nécessaire. Le numéraire demeure un moyen de paiement très populaire et très efficace, a souligné la BNS. Le volume de billets en circulation n’a d’ailleurs cessé d’augmenter ces dernières années.

Pourtant, la probabilité de falsification augmente. «Nous voulons agir de manière préventive. Nous voulons nous maintenir à la pointe du progrès technologique dans le domaine des billets de banque», a indiqué Thomas Jordan. Les partenaires de la BNS sont Orell Füssli, entrepreneur général, Landqart, le producteur du substrat, Sicpa, les encres de sécurité, et Kurz, la bande de sécurité. Les billets de l’actuelle série conserveront naturellement leur statut de moyen de paiement jusqu’à nouvel avis.