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Khalid al-Faleh, nouveau ministre du Pétrole.
© FAYEZ NURELDINE

Tendances

Cinq choses à savoir sur le nouveau ministre saoudien du Pétrole

Dans le cadre d'un vaste remaniement, Khaled al-Faleh a été nommé samedi à la tête d'un super ministère de l'Energie, de l'Industrie et des Ressources minières, dans l'ombre du puissant prince Mohammed

 1  L'homme d'Aramco

Khaled al-Faleh, a en 2009 été nommé PDG du géant pétrolier Saudi Aramco, la société nationale de quelque 60.000 employés qui assure un huitième de la production mondiale de brut, ce qui fait de l'Arabie Saoudite le premier pays producteur du monde. En mai 2015, en reprenant le pouvoir le roi Salmane l'avait nommé ministre de la Santé, mais il avait parallèlement conservé ses fonctions à Aramco, au moment où les cours du pétrole s'effondraient, affectant l'Arabie saoudite qui a accusé en 2015 un déficit budgétaire record. On ne sait pas s'il va cumuler ses nouvelles fonctions ou s'il va être remplacé à Aramco.

2   Un partisan de la réforme du secteur

Khaled al-Faleh était au WEF cette année, comme PDG d'Aramco - c'est un habitué de la station grisonne. Devant une assemblée de traders, banquiers et autres décideurs du milieu pétrolier rassembleé par CNN, il s'était dit convaincu qu'Aramco pouvait bénéficier d'un prix du baril inférieur à 30 dollars (le prix du baril en janvier. Il est remonté depuis, oscillant autour de 45 dollars). Un prix bas forcerait le gouvernement à être plus organisé et efficace et favoriserait le secteur privé saoudien, selon Khaled al-Faleh. Des déclarations en ligne avec les orientations du plan «Vision 2030» présenté mi-avril, qui prévoit la diversification des revenus du royaume, trop dépendant aujourd'hui du pétrole.

Un protégé du prince Mohammed

Khaled al-Faleh a aussi à Davos chanté les louanges du prince Mohammed bin Salman, 30 ans, le fils préféré du roi Salman, à la fois vice-prince héritier, ministre de la Défense et président du Conseil des affaires économiques et de développement - et à ce titre qui supervise les changements dans la politique énergétique du royaume. «Il est très ambitieux et je peux vous assurer que tout son entourage est enthousiasmé et galvanisé par son énergie». Les fins observateurs savaient dès cette époque que Khaled al-Faelh était dans la short-list pour succéder à Ali al-Naimi, ex plus-puissante-figure-du-monde--du-pétrole, mais plus en phase avec les  nouvelles orientations du régime. L'ascension de Khaled al-Faleh marque ainsi le pouvoir du prince Mohammed qui s'accentue.

Son parcours: dans le pétrole

Khaled al-Faleh est né en 1960, si on en croit sa page Wikipedia. Sa biographie Bloomberg indique qu'il a obtenu en 1982 un Bachelor of science en génie mécanique à l'Université A&M du Texas, l'uni publique la plus ancienne de l'Etat, et qui fait partie des cent meilleures du monde selon le classement de Shangaï. Il avait été envoyé aux US dans le cadre d'un programme Aramco, où il travaillait déjà. Il a aussi obtenu en 1991 un MBA en Arabie Saoudite, à l'Université du pétrole et des minéraux du Roi Fahd.

Il a fait toute sa carrière chez Aramco. Il siège au Conseil international de la banque JP Morgan.

Il connaît probablement tous les patrons du pétrole du monde après avoir été le principal négociateur d'une initiative saoudienne visant à multiplier les partenariats internationaux avec les principales «majors» dans les années 2000. 

Ses premières déclarations: stabilité, stabilité, stabilité

Alors que le départ de Ali al-Naimi marque la fin d'une ère, le nouveau ministre dès ce dimanche a voulu rassurer les marchés en affirmant que la politique du royaume ne changerait pas. «Nous prenons l'engagement de maintenir notre rôle dans les marchés internationaux et de consolider notre position de producteur le plus stable du monde». A noter qu'il prend ses fonctions dans un environnement bien meilleur qu'il y a quelques mois puisque le prix du baril a bien remonté depuis janvier (de 30 à 45 dollars).

BONUS: dans l'ombre, le pouvoir du prince Mohammad

C'est le vice-roi héritier qui a fait capoter un accord à Doha mi-avril entre les pays de l'OPEP et la Russie. Il s'agissait de s'entendre pour geler la production, afin de faire repartir les prix. Ce qui aurait pu être le premier accord pétrolier depuis 15 ans a succombé aux rivalités entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, comme l'écrivait notre blogueur Laurent Horvath, qui prédisait déjà la nomination à venir de Khaled al-Faleh.

C'est bien le prince Mohammed qui a désormais la haute main sur la question pétrolière, et Khaled al-Faleh est son homme. 


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