Plus de 500 créateurs d’entreprises ou investisseurs étaient réunis mercredi dans une grande halle appartenant à la NZZ à Schlieren à l’occasion de la remise des prix du «Top 100 Swiss Startups Award». Dans les locaux où tournaient il y a peu les rotatives de l’imprimerie du groupe de presse, il a été notamment question de transformation numérique, de technologies propres ou de mobilité durable.

L’édition 2016 du concours récompensant les meilleures start-up suisses a fait la part belle aux sociétés romandes. Parmi les dix jeunes pousses figurant en tête du classement, cinq proviennent du canton de Vaud, une de Genève et une de Fribourg. Sur l’ensemble du classement, l’agglomération zurichoise est toutefois la plus fortement représentée: sur les cent sociétés primées, 39 proviennent du canton de Zurich, contre 29 de Vaud, huit de Bâle et six de Genève.

Jeune pousse vaudoise couronnée

Couronnée meilleure start-up de l’année en Suisse, la société vaudoise L.E.S.S, fondée par Yann Tissot et Simon Rivier, est spécialisée dans des nouveaux systèmes d’éclairage à faible consommation d’énergie, une technologie susceptible de concurrencer les LEDs. La deuxième place est occupée par Bcomp, une société fribourgeoise active dans les matériaux à base de fibres naturelles, utilisées pour diverses applications allant de l’automobile aux équipements sportifs. En troisième place figure la société zurichoise Knip qui élabore des solutions tirant parti de la transformation numérique pour le domaine de l’assurance. Elle est aussi active sur le marché allemand.

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Si le secteur des technologies propres («cleantech») occupe cette année le haut du classement, il n’est pas le plus représenté en termes de nombre de sociétés. Les projets liés à l’essor des techniques numériques, les biotechnologies et les techniques médicales sont, comme dans le classement de 2015, fortement représentés dans l’édition 2016. S’y ajoutent de nombreuses start-up actives dans les thèmes phare du moment, comme le traitement de données en grandes quantités (big data), les technologies financières (fintech) ou l’internet des objets.

Le «Top 100 Swiss Startup Award» a été créé en 2011 par Beat Schillig, fondateur de l’institut IFJ qui conseille les nouvelles entreprises, et Jordi Monserrat, directeur de Venturelab. La manifestation a aussi le soutien de Venturelab, de la fondation Gebert Rüf et de la SECA, l’association suisse du private equity et du capital-risque.

Dynamisme suisse

Les organisateurs ont aussi profité de la manifestation pour souligner le dynamisme de la Suisse en matière de création d’entreprise, citant notamment l’exemple de la start-up lausannoise MindMaze qui a obtenu 100 millions de francs de la part d’un groupe d’investisseurs indiens. Pour Michael Sidler, cofondateur de Redalpine et membre de la SECA, il est aussi important de rappeler le rôle positif que jouent les start-up pour l’emploi. Il cite l’exemple des Etats-Unis où les sociétés âgées de moins de cinq créent des emplois alors que celles de plus de cinq ans en détruisent.

La semaine dernière, une étude réalisée par Ecoplan, sur mandat du Secrétariat d’Etat à l’Economie (SECO), indiquait que la part des entreprises à forte croissance – définies comme affichant une croissance de l’emploi d’au minimum 20% par an – s’élevait à 3,5% en Suisse, se rapprochant de pays comme la Suède, la Grande-Bretagne ou Israël où cette proportion se situe entre 4 et 5,5%. Le nombre d’entreprises à forte croissance dans notre pays est même nettement supérieur à la moyenne de la plupart des pays comparés, relevait cette étude. En Suisse, on dénombre environ 400 entreprises de ce type pour 100 000 habitants, contre 300 en Israël et moins de 150 aux Etats-Unis.