Série européenne (1)

Les cinq enjeux économiques au cœur des élections européennes du mois de mai

Cinq samedis de suite, «Le Temps» scrute les chantiers clés attendant le futur Parlement de Strasbourg. La crise de la zone euro plane sur les élections européennes du 22 au 25 mai prochain. Les chantiers, et les enjeux pour la Suisse

Les cinq enjeux économiques au cœur des élections européennes du mois de mai

UE Cinq samedis de suite, «Le Temps» scrute les chantiers clés attendant le futur Parlement de Strasbourg

Mésestimée, cette consultation reste importante pour les entreprises suisses

On le sait peu, mais c’est au Parlement européen qu’est, pour une large part, revenu le dernier mot en matière économique lors des cinq années de législature.

Concoctées à Bruxelles par les experts de la Commission européenne, négociées d’arrache-pied par les ministères des Finances des Etats membres, des réformes cruciales ont été verrouillées dans les couloirs des commissions parlementaires à Bruxelles et lors des sessions plénières à Strasbourg. La création d’un mécanisme de supervision bancaire unique pour la zone euro. Ou l’adoption de la directive MiFID 2 sur les marchés d’instruments financiers. Mais aussi la mise sur pied du Mécanisme européen de stabilité – ce FMI européen doté de près de 700 milliards d’euros conçu pour venir en aide aux Etats confrontés à une crise budgétaire. «La crise des dettes souveraines a obligé le Parlement à acquérir une nouvelle dimension, confirme le député européen conservateur français Jean-Paul Gauzès. Cela a été compliqué, fastidieux, trop lent sans doute. N’empêche: des changements majeurs ont été mis sur les rails.»

Que va-t-il advenir de cet héritage crucial de directives et de règlements proposés et votés depuis le grand choc tectonique qu’a constitué l’approbation en urgence, début mai 2010, du premier plan de sauvetage de la Grèce à hauteur de 110 milliards d’euros sur trois ans? Peut-on estimer que les pas importants effectués en direction d’un fédéralisme bancaire et budgétaire de la zone euro seront confirmés? Autant de décisions lourdes qui devront être empoignées par la prochaine législature.

Pour la Suisse, dont l’UE est de très loin le premier partenaire commercial, l’enjeu est de taille. Les experts bruxellois prédisent déjà une vague de fusions, une fois que l’union bancaire sera entrée dans les faits. Et dans d’autres domaines, les enjeux sont tout aussi conséquents.

Le grand marché européen de l’énergie, auquel le commissaire sortant chargé du dossier, Günther Oettinger, a toujours affirmé vouloir associer la Confédération, aura, s’il se confirme, des conséquences directes pour l’économie helvétique en termes de prix de l’électricité, de concurrence et d’intégration au réseau communautaire. Impossible, aussi, de ne pas prendre en compte l’impact annoncé pour Swisscom, d’un marché des télécommunications davantage intégré. Or, sur ces dossiers, les 766 députés européens qui seront élus fin mai auront bien plus que leur mot à dire. La fameuse «codécision» du Traité de Lisbonne en 2008 a transformé leur institution en co-architecte de l’édifice économique communautaire.

Le Temps a choisi, à travers cinq dossiers, d’éclairer ces prochaines semaines les enjeux clés pour les acteurs économiques helvétiques. Notre premier article est consacré à la mise en œuvre de l’union bancaire sous l’égide de la Banque centrale européenne (BCE). Viendront ensuite l’énergie, les télécoms, les «euro-obligations» et le libre-échange transatlantique. Autant de chantiers sur lesquels la Suisse, pays tiers de l’UE, devra batailler ferme pour que ses entreprises ne se retrouvent pas pénalisées.

Pour la Suisse, dont l’UE est de très loin le premier partenaire commercial, l’enjeu est de taille

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