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De gauche a droite, Alexis Favre, journaliste au Temps, Brigitte Rorive, directrice des finances aux HUG, Karin Perraudin, presidente du Groupe Mutuel, Mauro Poggia, Conseiller d'Etat genevois, Pierre-Yves Maillard, Conseiller d'Etat vaudois, Gian…
© Jean-Christophe Bott / Keystone

Forum des 100

Cinq idées provocatrices pour réduire les coûts de la santé

Les propositions énoncées «à la hache» par le président de Swiss Medical Network Raymond Loretan au Forum des 100 ont été accueillies plutôt fraîchement par les conseillers d’état Pierre-Yves Maillard et Mauro Poggia

Raymond Loretan a d’emblée prévenu son auditoire. «Ce sera à la hache, mais voilà cinq pistes pour lancer le débat.» Devant le public garni du Forum des 100 organisé par Le Temps – qui se tient ce jeudi à l’Université de Lausanne – le président exécutif du groupe de cliniques Swiss Medical Network n’a eu besoin que de 8 minutes et 30 secondes pour dresser cinq solutions pour faire baisser les coûts de la santé.

Le suivi du Forum des 100, le 11 mai 2017.

D’abord: approfondir la complémentarité entre le public et le privé. «Assureurs, cantons, hôpitaux… Tout le monde doit arrêter de courir comme des poules sans tête et se fédérer autour de la LAMAL 2012 qui introduit de la transparence et de la concurrence», a attaqué Raymond Loretan.

Deuxième piste: les cantons – qui subventionnent des hôpitaux dont ils sont parfois propriétaires – doivent se concentrer sur leur rôle de régulateurs et «laisser tomber les casquettes qui ne se justifient plus». Pour l’ancien président de la SSR, à l’instar des Banque cantonales, les hôpitaux publics devraient être rendus plus indépendants.

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Harmoniser les coûts

Tertio, le coût des soins ambulatoires devrait être harmonisé avec celui des soins stationnaires. «Cela permettrait d’économiser un milliard de francs par année car de nombreuses opérations ne sont pas effectuées en mode ambulatoire alors que ce serait médicalement possible», a soutenu Raymond Loretan.

En outre, il faudrait que les acteurs de la santé puissent définir eux-mêmes les prix des prestations et non plus laisser les gouvernements (cantonaux ou fédéraux) se charger de cette mission avec, toujours, une possibilité de recours au Tribunal fédéral. «Tant que les tarifs resteront politisés, ils ne baisseront pas. Mais à qui profite ce crime?» s’est interrogé Raymond Loretan.

Des théories jugées fumeuses

Cinquième et dernier point: les critères de qualité des soins doivent devenir des éléments du contrôle des coûts. «Rien n’est plus cher qu’une mauvaise qualité. Les soins superflus et nocifs représentent 20% des coûts des soins», a affirmé l’orateur.

De l’autre côté de la scène, les participants ont accueilli ces propositions avec un «haussement de sourcils», pour reprendre les termes du conseiller d’état genevois Mauro Poggia. Son homologue vaudois Pierre-Yves Maillard est même allé plus loin. «Des théories fumeuses comme celles de M. Loretan, on en entend des dizaines. Elles vont à rebours du bon sens…» Et d’ajouter que, «le vrai drame du débat sur les coûts de la santé, c’est que l’on veut toujours tout révolutionner». A coup sûr, «l’objectif de la provocation a été atteint», a conclu Raymond Loretan.

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