Immobilier

Cinq jours pour honorer le bois

Le salon genevois L’Art de bâtir interrogera du 4 au 8 avril les atouts et les limites de ce matériau de construction

Organisé par l’Office du patrimoine et des sites du canton de Genève, dans le programme des Journées européennes des métiers d’art, et en collaboration avec la Maison de l’architecture de Genève, le salon L’Art de bâtir sera axé cette année sur le bois. Un matériau écologique, durable, mais aussi onéreux ou fragile, dont l’utilisation primitive de la préhistoire a cédé la place à la technologie et à la sophistication.

Réunir différents acteurs clés

Tout public, l’événement prévu au Pavillon Sicli du 4 au 8 avril a pour but de réunir les différents acteurs du bois, des architectes aux artisans et métiers du bâtiment, en passant par les historiens de l’art. Il vise à questionner les atouts et les limites de ce matériau par le biais de démonstrations et de conférences, mais aussi une exposition photographique sur les arbres remarquables du canton de Genève et une pièce de théâtre de la Compagnie un tour de Suisse, La transformation, basée sur des textes de l’architecte viennois Adolf Loos, précurseur de la modernité.

Parmi les rencontres clés avec des partisans du bois, on retient Claude Veuillet, conservateur-restaurateur spécialisé dans la recherche et l’étude des techniques traditionnelles, qui organise notamment des balades en forêt pour apprendre à travailler le bois avec des outils traditionnels, l’ingénieur Marc Jeannet, spécialisé dans la rénovation de charpentes anciennes, ou encore l’entreprise Renoantic, qui a recours à des techniques contemporaines pour le renforcement des structures bois.

Des difficultés à protéger le patrimoine

«La protection du patrimoine cantonal s’articule sur plusieurs axes: la connaissance, la protection à travers des mesures, et la protection du bâti sur le terrain. On s’est rendu compte que certains acteurs, comme les artisans, sur qui repose le maintien de la substance bâtie, ne sont pas assez concernés par nos mesures», observe Sabine Nemec-Piguet, architecte, directrice générale et conservatrice cantonale des monuments.

D’où les difficultés rencontrées à protéger le patrimoine ancien et même récent du fait de la transformation rapide des métiers, liée à l’industrialisation de la construction, alors que jusqu’à la Seconde Guerre mondiale ce sont des métiers artisanaux qui permettaient de bâtir.

Fort de cette observation, l’Office a souhaité en 2015 mettre l’accent sur les changements auxquels sont confrontés les artisans, que ce soient des tailleurs de pierre, des ébénistes spécialisés ou encore des ferronniers, et sur les risques de voir ces métiers disparaître. Les trois premières éditions du salon L’Art de bâtir ont ciblé successivement la pierre, la terre (terre cuite, brique), puis le fer l’an dernier.


L'Art de bâtir le bois, du 4 au 8 avril au Pavillon Sicli, route des Acacias 45, Genève.

Publicité