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Mardi, le groupe de luxe genevois a prévenu la communauté financière: son bénéfice sur les six premiers mois de son année décalée sera bien meilleur que prévu.
© Keystone

Analyse

Les cinq raisons de la reprise chez Richemont

Le groupe de luxe genevois a prévenu la communauté financière: ses résultats présentés en novembre seront bien meilleurs que ceux de l’an dernier

Richemont arrive progressivement à la fin de sa traversée du désert. Mardi, le groupe de luxe genevois a annoncé que son bénéfice sur les six premiers mois de son exercice décalé serait bien meilleur que prévu.

Son profit opérationnel devrait grimper de quelque 45% par rapport à l’année précédente. Le bénéfice net pourrait, lui, augmenter de 80%. Enfin, les ventes sont attendues en hausse de 10%. Le propriétaire de marques comme Cartier, Montblanc ou Jaeger-LeCoultre publiera le détail de ses résultats le 10 novembre.

Base de comparaison favorable

Si, mardi à la bourse, l’action n’a pas réagi (–0,28% à 88,30 francs), c’est peut-être parce que ces annonces ne sont pas si surprenantes. Et ce pour cinq raisons.

En premier lieu, la base de comparaison est particulièrement favorable. Pour rappel, le 4 novembre 2016, le groupe avait annoncé un effondrement de son profit net de 51% à 540 millions d’euros (615,6 millions de francs) et un plongeon de ses ventes à 5,086 milliards d’euros (–13%).

Il y a ensuite l’amélioration générale du climat des affaires. Après avoir traversé le plus long coup d’arrêt depuis la «crise du quartz» dans les années 1980, les exportations horlogères sont lentement en train de reprendre des couleurs. En Asie, bien sûr, mais également en Europe. La situation reste un peu plus tendue aux Etats-Unis. Richemont n’est d’ailleurs pas seul à en profiter. Il y a un mois, le patron de Swatch Group, Nick Hayek, déclarait à l’agence Bloomberg qu’il constatait lui aussi une accélération de ses ventes sur tous les segments.

Lire aussi: Le second semestre de Swatch Group s’annonce «prometteur»

Restructuration à tous les étages

Ces résultats sont aussi le fruit d’une année entière de redimensionnements opérés par le groupe. Des centaines de suppressions d’emplois ont ainsi eu lieu dans les manufactures mais ces restructurations ont également touché les plus hauts étages de l’entreprise. Le propriétaire, Johann Rupert, cherche d’ailleurs toujours un directeur général pour piloter ses marques horlogères; Georges Kern étant parti en juillet s’occuper de Breitlin après trois mois à ce poste. (Une annonce sur cette succession pourrait d’ailleurs être faite le 10 novembre lors de la publication des résultats.)

Lire aussi: Richemont poursuit sa transformation (13.09.2017)

Quatrièmement, la fin des rachats de stocks de montres qui ont justement plombé le résultat opérationnel l’an dernier. Richemont a désormais assaini son réseau de distribution. A l’image de Cartier, plusieurs marques du groupe ont procédé à des rachats d’inventaires pour donner de l’air à leurs partenaires. En mai dernier, Johann Rupert déclarait d’ailleurs que ce n’était pas un accident si le niveau du sell out (c’est-à-dire la vente aux clients finaux) était de nouveau plus élevé que celui du sell in (la vente aux détaillants). «C’est le fruit de notre stratégie!»

Cinquième et dernière raison qui explique ces meilleurs résultats: la stabilisation sur le front des devises. Pour un groupe qui réalise une écrasante majorité de ses ventes en dollars, consolide ses comptes en euros et produit la quasi-totalité de ses montres en francs suisses, les fluctuations sur le marché des monnaies peuvent rapidement avoir un impact sensible. A coup sûr, l’affaiblissement récent du franc a donné de l’air aux comptes de Richemont.

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