Washington durcit le ton envers Pékin sur le front financier. Cinq sociétés chinoises ont été mises en demeure de se conformer à des obligations comptables par l’autorité américaine de régulation des marchés (SEC), faute de quoi elles pourraient se voir radier de la cote à Wall Street dès 2024.

Les cinq sociétés, dont la liste a été publiée jeudi par la SEC, sont les biotechs BeiGene, Zai Lab et Hutchmed, ainsi que le sous-traitant de l’industrie des semi-conducteurs ACM Research et le groupe de restauration Yum China. Ce dernier, qui contrôle notamment en Chine les restaurants KFC, Taco Bell et Pizza Hut, est de loin le plus important de tous par les revenus et la capitalisation (18,8 milliards de dollars, soit 17 milliards d’euros).

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Ce groupe d’entreprises pourrait bientôt être suivi par l’ensemble des entreprises chinoises cotées à New York, dont aucune ne respecte, pour l’instant, la réglementation américaine en la matière. Sont concernées, au total, quelque 248 sociétés, qui pèsent environ 2100 milliards de dollars (1909 milliards d’euros) de capitalisation boursière, selon une commission ad hoc.

Rivalité croissante entre Washington et Pékin

Une loi votée en décembre 2020 au Congrès américain, le HFCAA, oblige une société cotée aux Etats-Unis à faire certifier ses comptes par un cabinet agréé par l’organisation comptable indépendante PCAOB.

Les sociétés de Chine continentale et de Hongkong sont connues pour ne pas soumettre leurs états financiers à des auditeurs agréés par les autorités américaines.

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La mise en application du texte intervient alors que les autorités chinoises ont émis, ces derniers mois, des réserves à ce que des sociétés basées en Chine entrent en Bourse aux Etats-Unis. Début décembre, «l’Uber chinois», Didi Chuxing, s’est retiré de la cote sous la pression des autorités chinoises, moins de six mois après son introduction en fanfare au New York Stock Exchange.

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