Aucun secteur ne semble particulièrement attractif, à en croire les choix de cinq experts, qui ont tous pris des paris très différents. Après une année 2015 plutôt réussie pour ces stratèges, quatre d’entre eux et un nouveau venu se plient à l’exercice de sélectionner une action suisse et une action étrangère qui devraient battre les indices l’an prochain.En Suisse, Emmanuel Ferry met en avant Givaudan. Pour le responsable des investissements de la Banque Pâris Bertrand Sturdza, le «leader mondial des parfums et arômes profite d’une position concurrentielle favorable. Son bilan est solide et les actionnaires profitent d’un rendement du dividende de 3,2%.» La multinationale genevoise bénéficie des prix bas des matières premières pour améliorer ses marges et de la reprise de la consommation dans les pays émergents.

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Retour de Novartis

Malgré un recul en 2015, Novartis continue d’avoir les faveurs de Jérôme Schupp. Pour le responsable de la recherche de Syz Asset Management, 2016 s’annonce comme une année de transition pour le groupe bâlois: Alcon, en difficulté, pourrait être restructuré, et la division pharma devra gérer la perte du brevet du médicament Gleevec, prévoit l’expert. Mais «la société compte un impressionnant pipeline de médicaments», ce qui devrait avoir un impact «très positif» sur les marges et les ventes en 2017. Selon lui, les investisseurs pourraient anticiper cet aspect en 2016 déjà.Laurent Bakhtiari mise sur Logitech. L’analyste de IG Bank souligne que le groupe, qui a changé de nom – Logi – mise désormais sur quatre secteurs en croissance: les accessoires pour jeux, les caméras pour conférences et de surveillance, les haut-parleurs portables et les accessoires pour tablettes. «La saison des Fêtes semble avoir confirmé cette stratégie», poursuit-il. L’expert estime que d’ici à fin 2016, le tournant pris par Logitech devrait porter ses fruits.François Savary recommande le boulanger industriel Aryzta. «Le titre a souffert de manière excessive en 2015 à cause de son endettement et de son expansion», explique le responsable des investissement de Prime Partners, une société de gestion à Genève. Or le groupe est leader dans son domaine et après avoir fortement reflué, les attentes de bénéfices sont en train de se stabiliser.

Croissance de Danone

Thomas Stucki conseille, lui, Belimo, leader mondial des vannes pour le chauffage et climatisation. «Il s’agit d’un marché de niche, avec des perspectives de croissance supérieure à la moyenne», explique le responsable des investissements de la Banque Cantonale de Saint-Gall. En outre, les capacités de production vont être doublées aux Etats-Unis et un centre de logistique sera ouvert à Hinwil (ZH), permettant des gains de productivité. Le stratège s’attend à une hausse du dividende.L’expert saint-gallois recommande Danone à l’étranger. Pour Thomas Stucki, le retour à la croissance effectué en 2015 devrait se poursuivre en 2016 et même se renforcer avec une progression organique du chiffre d’affaires proche de 10%. Le concurrent français de Nestlé devrait aussi améliorer sa structure de coûts dans les produits laitiers en Europe.Pour Emmanuel Ferry, Intel et «sa stratégie de diversification vers les centres de données et le soft­ware lui ont permis de mieux résister au ralentissement que les fabricants de semi-conducteurs». Le leader mondial des composants informatiques dispose d’un bilan solide et d’une valorisation attractive. «Il faut garder à l’esprit que le titre est très sensible au dollar, qui devrait évoluer plus favorablement en 2016», ajoute l’expert.

L’exception TataMotors 
pour les pays émergents

Jérôme Schupp est le seul à recommander un titre d’un pays émergents. TataMotors, qui comprend JaguarLandRover, racheté à Ford en 2008, a investi 16,5 milliards de francs pour développer de nouveaux modèles et augmenter les capacités de production, souligne le spécialiste de Syz, et «les prochains trimestres s’annoncent particulièrement prometteurs, puisque le groupe vient de renouveler l’ensemble de ses modèles et de pénétrer de nouveaux segments». Il considère qu’octobre a été le point d’inflexion avec des ventes en hausse de 22%. Les marchés automobiles européens et américains se redressent et le groupe pourrait prendre des parts de marché à ses concurrents allemands.Pour François Savary, la correction qui a fait plonger Gilead rend le titre bon marché. Le spécialiste des traitements contre le sida et les hépatites a souffert du désintérêt des investisseurs pour la biotech en 2015, qui devrait revenir dans les portefeuilles en 2016. Les «attentes de bénéfices restent bien orientées pour 2016 et 2017 et devraient permettre un rebond du titre à 12 mois», selon l’analyste.

Wells Fargo profitera de la hausse des taux

«La reprise, la baisse du chômage et la hausse des salaires vont probablement engendrer une hausse des crédits», estime Laurent Bakhtiari. De quoi recommander des banques, et en particulier les américaines, qui verront leurs marges sur les taux d’intérêt s’améliorer avec les tours de vis de la Fed. Wells Fargo est d’autant mieux placée que tous ses revenus viennent des Etats-Unis (donc pas de risque de change), et qu’elle est focalisée sur les prêts aux entreprises et aux particuliers.