La pharma fait un retour en force, c’est le message des stratèges. Comme chaque année, Le Temps a interrogé cinq stratèges, qui ont sélectionné une action suisse et une action internationale, dans lesquelles ils voient un grand potentiel.

La reprise avec Geberit

Pour Laurent Bakhtiari, analyste indépendant, Geberit va profiter de la reprise de la consommation et de l’investissement en Europe. C’est le moment d’investir car le groupe spécialisé dans les installations sanitaires a connu une fin d’année 2016 difficile, notamment en raison du coût de l’intégration de Sanitec. Un accroc, dans une tendance de long terme «très nettement positive».

L’excellence de Galenica…

Thomas Stucki mise, lui, sur Galenica. Pour son potentiel de croissance élevé et sa performance historique excellente. Mais aussi, souligne le responsable des investissements de la Banque cantonale de Saint-Gall, parce que l’entrée en bourse partielle de Galenica Santé (logistique et pharmacie) devrait avoir lieu en 2017.

…et celle de Roche

Jérôme Schupp, analyste financier indépendant, recommande Roche. Comme l’ensemble du secteur, le groupe a souffert de l’incertitude liée aux élections américaines. Il devrait rebondir et les fondamentaux du groupe bâlois restent excellents. En outre, ajoute l’analyste, la seconde activité du groupe, la division «Diagnostics», a vu la progression de ses ventes s’accélérer. Le dollar fort devrait par ailleurs doper les bénéfices de Roche. Jérôme Schupp table sur une progression de 15% du cours de l’action.

Roche est doublement plébiscité, c’est aussi le choix d’Urs Beck, gérant de portefeuille chez EFG Asset Management. Aux raisons de Jérôme Schupp, le spécialiste ajoute la capacité du groupe bâlois à imposer ses prix et son attention à la distribution, plus grande que ses concurrents. La pharma est en outre prête pour la médecine personnalisée.

Le repositionnement de Straumann

Straumann a les faveurs de François Savary, responsable des investissements de Prime Partners à Genève. Jusqu’ici le leader des implants dentaires a dominé les segments premium. Grâce à des acquisitions, la société se développe désormais sur des autres segments dans les marchés émergents, dont le «potentiel de croissance est gigantesque». Le titre est un peu cher, reconnaît l’expert, mais sa stratégie de repositionnement et de développement plaît à la société de gestion.

Cadeaux fiscaux pour Michelin

Pour Laurent Bakhtiari, Michelin devrait encore profiter de la vigueur du secteur automobile en 2017. L’action du fabricant français de pneus progresse pratiquement chaque année et est mieux vue par les investisseurs que ses concurrents, Bridgestone et Goodyear. En outre, souligne l’analyste, l’élection présidentielle française pourrait donner un coup de pouce au groupe. «Traditionnellement, elle réserve son lot d’allégements fiscaux et de cadeaux aux fleurons de l’industrie française, dont profiterait très probablement Michelin», assure-t-il.

SAP profitera de la vigueur du dollar

SAP a déjà connu une bonne année 2016, mais cela devrait continuer, estime François Savary. Le programme de gestion des coûts continue et le groupe informatique allemand devrait avoir un avantage par rapport à ses concurrents américains, comme Oracle, qui pourraient être pénalisés par la vigueur du dollar. En outre, SAP devrait profiter du développement continu du marché de l’informatique en nuage.

Un rebond pour Nordex

Fin d’année 2016 difficile, mais retournement en vue pour Nordex? C’est ce que défend Jérôme Schupp. Le groupe allemand qui produit des turbines à vent a reculé en raison d’attentes trop élevées des investisseurs et des incertitudes liées à la politique énergétique américaine. Mais Nordex affiche une croissance très élevée, souligne l’analyste, en partie grâce à l’acquisition de l’espagnole Acciona qui a ouvert de nouveaux marchés, notamment en Amérique du Sud et en Inde et a élargi la gamme de produits. «La mise en commun des réseaux de vente et de la logistique permettra de substantielles économies d’échelle tandis que les services après-vente généreront des marges plus élevées», ajoute l’expert.

AMS remplit toutes les conditions

Pas besoin d’aller très loin hors de la Suisse, pour Urs Beck. AMS, basé en Autriche (mais coté en Suisse) «remplit toutes les conditions que je recherche», explique-t-il: un leader technologique, dans un marché en croissance structurelle, qui vient de faire une acquisition (Heptagon) qui va le propulser à un niveau supérieur. Le titre est bon marché, tandis que le groupe génère un solide cash-flow.

Division de Metro

En 2017, la division attendue de l’entreprise allemande Metro devrait créer de la valeur pour les actionnaires, estime Thomas Stucki. Le spécialiste de la vente en gros va séparer ses activités dans l’électronique et dans l’alimentaire et devrait profiter d’une hausse de la consommation en Europe. Le spécialiste estime qu’il existe encore un potentiel d’augmentation des marges de l’entreprise.


Une moyenne de près de 6% en 2016

L’an dernier, les mêmes experts s’étaient livrés à l’exercice. Et de manière générale, avec des résultats au-dessus des indices. En Suisse, le SMI a perdu 6,8%, mais cela n’a pas empêché quelques bonnes performances. Ainsi, Logitech, avancé par Laurent Bakhtiari a gagné presque 65%, suivi de Bellimo (+25,6%), proposé par Thomas Stucki. Givaudan, conseillé par Emmanuel Ferry, a fait mieux que l’indice (+2,4%). Aryzta (-12,6%) et Novartis (-14,6%), les choix de François Savary et de Jérôme Schupp ont déçu.

Alors que la bourse suisse cédait du terrain, les actions des pays développés, mesurées par l’indice MSCI World, ont gagné 7,6% et ceux des pays émergents, 11,2%. Jérôme Schupp s’est rattrapé avec Tata Motors (+16,4%), suivi par Intel (5,3%), le choix d’Emmanuel Ferry. Wells Fargo, recommandé par Laurent Bakhtiari, est tout juste positif (1,4%), tandis que Danone, conseillé par Thomas Stucki, est tout juste négatif (-1%). Gilead, proposé par François Savary, est à la traîne (-29,2%).

Si un investisseur avait investi la même somme dans chacune de ces actions, la performance aurait été de 5,8%.

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