Le groupe bâlois Clariant a annoncé vendredi un bénéfice net en hausse de 23%, à 519 millions de francs, pour l'exercice 1998. Son bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (EBITDA) a progressé de 5%, à 1,672 milliard de francs. Les ventes ont en revanche fléchi de 6%, à 9,341 milliards de francs. C'est surtout la division comprenant les colorants textiles et les produits utilisés pour les cuirs qui a souffert, baissant de 10%, à 2,345 milliards de francs.

Chimie fine

Durant le premier trimestre de 1999, cette division a poursuivi sa descente aux enfers en chutant encore de 12%, à 538 millions de francs. Face à ce fléchissement des ventes, Clariant cherche à se renforcer. Son patron, Rolf Schweizer, a déclaré vendredi à Bâle que ses services étaient en contact avec «une vingtaine» de groupes de la chimie spécialisée. Il y a quelques jours, un rapprochement entre le groupe bâlois et la firme britannique Laporte aurait capoté (lire Le Temps du 14 avril). Fâché par ces nouvelles, Rolf Schweizer a dit hier que «nous ne commentons pas les rumeurs».

Les produits liés à l'industrie textile sont essentiellement un héritage de Clariant. Le groupe bâlois a donc été bien inspiré en rachetant en 1997 à l'allemand Hoechst ses spécialités chimiques. Parmi les «bijoux» des activités de Hoechst, Clariant compte développer la chimie fine car les marges dégagées par ce secteur sont plus importantes. Un tiers des ventes du britannique Laporte se situent précisément dans ce secteur. Chez Clariant, les ventes de chimie fine ont cependant baissé de 13%, à 259 millions de francs, au cours du premier trimestre 1999. Toutes divisions confondues, les revenus de Clariant de janvier à mars ont diminué de 8%, à 2,166 milliards de francs.

En 1998, le bénéfice EBITDA a représenté 17,5% des ventes du groupe, contre 15,6% l'exercice précédent. Afin d'accroître cette marge, les dirigeants de Clariant veulent achever durant cet exercice leur programme de réduction de coûts qui a démarré en 1997. Sur les 500 millions de francs à économiser, il en reste 100. Clariant va concentrer ses efforts de restructuration dans ses divisions «Process & Performance Products» (produits liés au textile, notamment) et «Cellulose Ethers & Polymerisates». Les usines latino-américaines sont dans le collimateur, en particulier au Brésil où Clariant occupe 1550 personnes dans son site de Suzano et 560 employés dans celui de Resende.

Muttenz, à deux pas de Bâle, est aussi un important centre de production lié à l'industrie textile. Mais les dirigeants de Clariant se sont déclarés hier satisfaits de la productivité de ce site.