Clariant réduit une nouvelle fois la voilure. Le groupe de spécialités chimiques bâlois va supprimer 2200 places de travail d'ici à 2009, sur les 22000 personnes que compte l'entreprise actuellement, indique-t-il mardi.

La moitié de ces emplois seront biffés dans la vente et l'administration, et l'autre dans la production. Clariant fermera une cinquantaine de sites, principalement en Europe, parmi les 500 répartis dans le monde. La société de Muttenz (BL) n'indique pas si les 1300 employés travaillant en Suisse seront touchés par cette restructuration. Cette annonce s'ajoute aux 6000 personnes déjà licenciées ces trois dernières années. De plus, l'entreprise bâloise diminuera son offre d'un quart, «sans pour autant éliminer une des cinq lignes de produits», précise son porte-parole Rainer Weihofen.

Clariant estime que ces mesures de restructuration, d'un coût de 500 millions de francs, lui permettront d'augmenter son rendement du capital investi (ROI) de 25%, et de la situer dans le premier quart des entreprises concurrentes les plus attractives pour les investisseurs. Son rendement s'élève à 6% du capital actuellement, contre 8,73% pour Lonza et 11,2% pour Sika, deux autres entreprises suisses de spécialités chimiques. L'entreprise ne donne pas d'indication sur les économies qu'elle veut réaliser. Selon nos calculs, les charges moyennes du personnel versées à 2200 personnes s'élèvent à 184 millions par an.

Cette nouvelle mesure de restructuration fait suite au programme «CPIP» lancé par Clariant en 2003. Grâce à lui, la société a réduit ses coûts de 700 millions depuis cette date, sur un objectif de 800 à 900 millions fixé d'ici à 2007, indique la société. Mais cette focalisation sur les économies n'a pas véritablement permis à l'entreprise d'augmenter sa rentabilité. Pour preuve, Clariant a enregistré une perte nette de 14 millions au troisième trimestre, ce qui s'est soldé par une baisse du bénéfice net de 56% à 108 millions entre les neuf premiers mois 2006 et 2005.

Pour renverser la vapeur et augmenter ses marges, le groupe veut développer le conseil au client lorsqu'il applique ses produits phares dans la chimie des couleurs, du traitement des surfaces et de l'amélioration du rendement des produits. Au niveau des marchés, Clariant mise sur la Chine et l'Inde pour développer ses ventes. L'Asie devra représenter 29% du chiffre d'affaires d'ici à 2010, contre 24% actuellement. Elles croîtront globalement de 3 à 4% par année, sur la base des 8,18 milliards atteints en 2005.

Contrairement à ses deux concurrents précités, Clariant ne cherche à se spécialiser, ou à augmenter la visibilité de ses marques. C'est la stratégie suivie avec succès par Lonza, qui vient de décrocher un gros contrat avec Genentech, une filiale de Roche. Une sorte de consécration pour ce groupe en passe de devenir un spécialiste de la pharma. Même chose pour Sika, qui possède des produits de niche innovants et très demandés dans la construction. Son nom est visible sur nombre de chantiers. Après avoir gagné jusqu'à 3%, l'action Clariant a terminé en baisse à 18,3 francs (-0,27%)