Dans une série de cinq articles pédagogiques, nous nous proposons de présenter l'approche dite «core-satellite» afin de mettre en évidence d'une part ses principales caractéristiques et de proposer d'autre part une manière efficace de la mettre en pratique dans un processus d'investissement.

Dans ce deuxième volet de notre série sur la gestion core-satellite nous abordons la constitution de la partie centrale du portefeuille («core») sous forme indicielle. Lorsque l'allocation d'actifs d'un portefeuille est définie, il s'agit de la mettre en application. Dans le cas d'une approche core-satellite on passe dans un premier temps par la construction systématique d'un portefeuille d'actions ou d'obligations au moyen de placements directs tels que des actions ou des placements indiciels. Au niveau de l'allocation stratégique (AAS), le portefeuille central va suivre de près les indices régionaux auxquels il se réfère en incluant par conséquent des placements considérés comme traditionnels (gestion du tracking error). Ces instruments classiques englobent les placements directs et les placements indiciels. Ces derniers s'imposent lorsque l'utilisation de titres individuels n'assure pas un degré de diversification suffisant. Cette partie du portefeuille ne doit par conséquent présenter qu'un minimum de risque d'écart par rapport au rendement de référence, la plus grande prise de risque étant essentiellement dévolue à la partie satellite. Le but recherché par cette démarche est de s'assurer que la partie centrale réalise le rendement de son marché correspondant. En pratique, la partie «core» du portefeuille représente souvent 70 à 75% du portefeuille.

Le recours à l'utilisation de fonds indiciels et non à des produits structurés (certificats) pour la réalisation de la partie centrale du portefeuille s'explique par la notion de «risque de contrepartie». Ce risque, bien souvent remis au second plan auparavant, est devenu ces derniers temps l'un des risques prépondérants dans la gestion de portefeuilles. Au contraire des certificats qui sont sujets à la solvabilité de leur émetteur, les fonds indiciels et les ETF ne présentent pas ce problème puisqu'ils détiennent une part de chaque titre sous-jacent à l'indice qu'ils couvrent. Les produits structurés sont plus avantageux pour exécuter des modifications tactiques à court ou moyen terme grâce à leur flexibilité, un thème qui sera traité dans le quatrième volet de cette série. Un autre avantage des fonds indiciels et des ETF concerne la problématique de la liquidité. Ces instruments peuvent être très rapidement traités et ne sont pas tributaires des opérateurs de marchés («market makers»). Cet élément apporte une sécurité non négligeable pour la partie centrale du portefeuille. L'investisseur s'expose donc uniquement au risque de marché, qui est celui que l'on recherche finalement, et non pas aux risques de liquidité et de contrepartie, qui sont nettement moins désirables. Ces derniers peuvent donc être aisément maîtrisés par une attention particulière portée à la nature sous-jacente à chaque véhicule utilisé en portefeuille.

L'importance de la transparence de la structure sous-jacente aux véhicules d'investissement ne va que s'amplifier au vu de ce qui se passe actuellement sur les marchés. Jusqu'à présent, on attachait une grande attention à la transparence au niveau des frais, de la diversification des positions ainsi qu'en ce qui concerne les méthodes de décision utilisées. Il est désormais capital pour tout investisseur de pouvoir se faire une représentation précise de l'exécution des investissements et des risques en découlant. Ainsi, la constitution de la partie «core» d'un portefeuille devrait toujours se faire sous ces deux contraintes, à savoir celle du «tracking error» et celle du risque de contrepartie. Par cette double contrainte, un investisseur sera ainsi en mesure d'endurer des phases difficiles de marché sans pour autant que la structure et la stratégie de base de son portefeuille n'en ressortent complètement démantelées.