Il s’agit en fait d’un club. Qui réunit plus de 400 palaces dans 80 pays différents. L’association «Leading hotels of the world» tient cette semaine à Lausanne son congrès annuel. Bien que basée à New York, la «Leading», comme elle est surnommée dans l’industrie, est suisse puisqu’elle appartient à la société Hotel Representative AG (basée à Lucerne).

Son président, Andrea Kracht, est également le propriétaire du Baur au Lac, le palace zurichois qui a fait la une de la presse mondiale en mai puisqu’il hébergeait les cadres de la FIFA.

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Mardi, il a pris quelques minutes dans un salon du Beau-Rivage pour répondre aux questions du Temps.

Le Temps: Est-ce que votre clientèle a beaucoup évolué ces dernières années?

Andrea Kracht: Absolument! En Suisse, nous avions une clientèle américaine et allemande très importante qui venait, depuis la seconde guerre mondiale, pour traiter leurs affaires avec les banques. Avec la fin du secret bancaire et la régularisation de leurs fortunes, ils viennent évidemment beaucoup moins. Toutefois, ils sont remplacés par de nouveaux clients qui viennent du Brésil et de l’Asie, des pays de l’est…

– En début d’année, le Beau-Rivage a racheté le Lausanne Palace. Est-ce que cette consolidation a également lieu ailleurs dans le monde?

– Oui. C’est une tendance qui s’est accélérée avec les multiples rachats des Qataris… Mais il y a également une progression des hôtels indépendants. Cette année, sept hôtels ont rejoint notre association.

– En Suisse, le franc fort pousse certains hôteliers à concevoir des rabais. Est-ce que c’est une bonne idée?

– Nous avons justement eu une conférence cette semaine par un professeur de l’IMD. Il nous a expliqué un peu comment fonctionnait la psychologie des clients autour des questions de prix. La conclusion était sans appel: dès que l’on applique un rabais, tout le monde y perd.

– Ces 20 dernières années, des SPA sont apparus dans tous les palaces du monde. Quelle sera l’innovation que l’on trouvera dans tous les palaces d’ici 20 ans?

– Je pense que cela devrait tourner autour des questions de technologies. Et de la manière dont nous devons être en contact avec la clientèle depuis la réservation jusqu’au check-out, et même plus tard!

- Quels ont été les thèmes abordés durant votre convention?

- Nous avons par exemple eu quelqu’un de chez Cartier qui venait nous parler du marché du luxe – et du fait que le luxe se fond de plus en plus avec la technologie. Pour les palaces, c’est un grand défi. Nous essayons de comprendre comment maîtriser ces nouveaux outils pour séduire les nouvelles générations. C’est aussi pour cela que les palaces familiaux indépendants rejoignent notre association.

– Combien cela coûte-t-il pour en être membre?

– Nous demandons une taxe par chambre et nous ajoutons une taxe basée sur la performance: plus nous apportons de clients aux hôtels, moins ce dernier paye proportionnellement par clients. Dans le cas de mon hôtel, le Baur au Lac, dont 10 à 15% de la clientèle provient de l’association, nous payons en moyenne 250 000 à 300 000 dollars par an.

– En chiffre, comment résumer votre association?

– Notre chiffre d’affaires est d’environ 80 millions de dollars par an. Et nous estimons que nous créons un chiffre de 700 millions au total pour tous nos membres. Au total, nous avons 300 employés.

– À Lausanne, le Beau-Rivage et le Lausanne Palace sont membres de l’association, mais pas le Royal Savoy. Pourquoi?

– Je suis sûr qu’il conviendrait à nos critères, à l’image du Burgenstock (qui est également détenu par le Fonds souverain du Qatar). Mais nous avons décidé que deux membres par destination était une limite que l’on se fixait.