La crise du crédit et les problèmes incessants sur les marchés d’obligations européens ont exercé un fort impact sur les finances des ménages dans le monde entier – et les familles ultra-fortunées n’ont pas été épargnées.

Toutefois, afin de sécuriser leurs revenus à long terme, contrairement à la majorité des investisseurs, les personnes ultra-fortunées ont souvent les capacités et les moyens supplémentaires d’envisager ces opportunités potentiellement plus flexibles que l’on trouve dans les produits de placement non traditionnels, avec moins de liquidités mais plus «risqués», tels que le crédit et le capital à risque.

De nos jours, les placements soi-disant «sans risque» ne portent plus si bien leur nom. Donc, comment les personnes ultra-fortunées parviennent-elles à déceler ces nouvelles opportunités?

Avec les placements traditionnels «sans risque» comme les obligations d’Etat qui ne sont à l’évidence plus sans risque, il existe un danger croissant de les envisager pour leurs qualités conservatrices traditionnelles. L’or a perdu son éclat, et les Trésors des Etats-Unis – qui fournissaient traditionnellement un paradis sûr pour les investisseurs dans les périodes de perturbation du marché – ne fournissent probablement plus le niveau de protection à long terme que l’on attendait d’eux. Après ajustement de l’inflation, les taux effectifs actuellement faibles sont négatifs.

Par conséquent, nous conseillons à nos clients de rechercher des sources de rendement alternatives et souples qui puissent fournir un meilleur matelas pour les temps difficiles à venir.

Avec les taux effectifs se transformant de plus en plus en Saint-Graal du monde des investissements, certaines actions de premier ordre avec un bon potentiel de rendement et de croissance du capital commencent à jouer le rôle des revenus fixes traditionnels – ce qui en fait un autre actif de base utile pour nos clients.

Toutefois, étant donné que les familles ultra-fortunées tendent à avoir une liquidité obligatoire moins contraignante, nous trouvons un certain nombre de stratégies liées au crédit à des tarifs attrayants, notamment les opportunités de financement mezzanine, les titres couverts par des créances hypothécaires et le surendettement, qui suscitent de plus en plus d’intérêt.

Le financement mezzanine, ou investissement dans la structure du capital d’une entreprise, comporte des risques plus complexes que les revenus fixes traditionnels, mais, s’il est choisi avec parcimonie, il peut fournir des rendements très attrayants et avec un potentiel bien plus élevé. Ironiquement, les titres couverts par des créances hypothécaires – souvent accusés d’être la source de la crise mondiale du crédit – offrent des rendements tout autant attrayants et un risque d’une durée limitée. Ces opportunités sont à présent à des prix bien plus raisonnables qu’elles ne l’ont été pendant des années, ce qui permet de préserver la richesse à proprement parler à moyen terme.

Cette voie n’est cependant pas accessible à tous: la raison pour laquelle les familles fortunées peuvent accéder à ces investissements illiquides plus ésotériques est qu’elles n’ont souvent pas besoin d’une trésorerie immédiate et qu’elles peuvent par conséquent investir à plus long terme.

Mais elles oublient la nature internationale et la complexité de leur richesse globale. Alors qu’elle est souvent composée d’un mélange d’actifs de loisirs, commerciaux et de placement, il n’est pas inhabituel de découvrir une surexposition involontaire dans un secteur ou une région particulière due à un chevauchement des activités commerciales et des intérêts du placement. Chaque famille est une entité dynamique à part entière.

Etre fortuné ne garantit pas des revenus substantiels à perpétuité: le patrimoine global des familles les plus riches du monde a chuté pour la première fois l’année dernière depuis l’apparition de la crise économique en 2008, d’après le récent World Wealth Report de Capgemini and RBC Wealth ­Management.

* Directeur, Private Clients & Trust, Stonehage Group, Genève