Plus de 15 milliards de francs. Entre les nouvelles émissions de capital, les dix-sept entrées en Bourse de nouvelles sociétés, les montants levés sur le marché suisse par les sociétés d'investissement ou les compagnies immobilières et le résultat de l'exercice des warrants et obligations convertibles, le montant de 15,14 milliards de francs représente ce que les entreprises suisses ont prélevé l'an passé auprès des investisseurs. Pourtant, comme le souligne une étude de la Banque Vontobel, ces mêmes entreprises ont en fait redistribué du capital sur le marché. Plus précisément, entre le versement des dividendes, les rachats de propres actions, le remboursement de capital aux actionnaires et les 15,14 milliards déjà cités, elles ont en fait rétrocédé 9,5 milliards de francs aux investisseurs suisses. Cette année, au vu des perspectives plutôt maigres d'émission de capital, d'entrées en Bourse ou d'arrivée à échéance des warrants et autres obligations convertibles, le remboursement net de capital aux investisseurs risque certainement d'être encore important.

En 2000, les entreprises, les sociétés d'investissement et les sociétés immobilières ont émis un total de 6,5 milliards de francs. Les dix-sept mises en Bourse, de Actelion à Think Tools en passant par E-Centives ou Swissquote, ont représenté un total de 6,8 milliards. Cette année, en raison d'un climat boursier qui s'est détérioré, on ne sait rien encore des augmentations possibles de capital. Les mises en Bourse se comptent sur les doigts d'une main. Outre la privatisation de la Banque Cantonale de Lucerne, trois autres sociétés (AllCom, Bluewin et Obtree) se sont annoncées. Selon les analystes de la Banque Vontobel, plusieurs autres ont repoussé leur entrée en Bourse à des temps meilleurs. Du côté des sociétés d'investissement, quatre nouveaux acteurs (Absolute US, New Medical Technologies, International Biomedicine et Equity4Life) se sont annoncés, alors qu'il y en avait eu 24 l'an passé, pour un total de 4,2 milliards.

Du côté des warrants et des obligations convertibles, les perspectives ne sont pas meilleures. Au début de cette année, «le potentiel des produits qui devrait être exercé correspond environ à 390 millions de francs, contre un total de 1,07 milliard exercé en 2000», constatent les analystes de la banque de gestion zurichoise.

Un espoir: la baisse du prix nominal des actions

Ce n'est donc ni de ce dernier secteur, ni du côté des nouvelles émissions, des entrées en Bourse ou encore des sociétés d'investissements et immobilières que l'on pourra attendre une quelconque animation du marché suisse des actions.

D'où pourrait donc venir une petite brise, alors que l'année a débuté de manière plutôt morose? Du nouveau marché virt-X, dont la Bourse suisse SWX a annoncé vendredi dernier le démarrage pour le 25 juin prochain? Possible. En tout cas, c'est dès ce jour-là que, si tous les obstacles techniques ont été surmontés, le négoce électronique des blue chips européennes pourra commencer, en permettant un accès direct et transfrontalier sur tous ces titres.

L'étude de la Banque Vontobel évoque aussi une autre raison de croire que le marché boursier va s'animer. C'est le 1er mai en effet que doit entrer en vigueur une disposition légale, approuvée en novembre dernier par le Conseil fédéral, prévoyant la possibilité pour les entreprises cotées de baisser à 10 centimes le nominal de leurs actions jusqu'ici limité à 10 francs. Même si cette disposition ne devait entrer en vigueur que quelques semaines plus tard (pour des raisons techniques), les assemblées générales de nombreuses entreprises auront certainement approuvé une telle modification dans leurs statuts pour qu'elle entre en force au bon moment.

Non seulement cette disposition permettra aux entreprises suisses de se mettre aux standards internationaux, mais elle facilitera certainement l'accès à leur capital à de nombreux et nouveaux investisseurs.