C'est un total de 17 acquisitions que la jeune compagnie suédoise Bure Health Care aura fait au cours de l'année dernière, afin de renforcer ses activités dans les domaines de la gériatrie, des soins spécialisés, de l'équipement hospitalier et des diagnostics. Au tour maintenant du secteur de la psychiatrie, dans lequel Bure Health Care s'est lancé hier en annonçant le rachat, pour un montant non dévoilé, de 100% du capital des cliniques britannique Charter Medical of England Ltd et suisse de la Métairie, basé à Nyon. Toutes deux sont spécialisées dans la psychiatrie et réalisent un chiffre d'affaires combiné de 260 millions de couronnes (46,8 millions de francs), dont environ un tiers pour la partie suisse. Les deux entités seront consolidées à partir du 1er avril, gonflant le total des ventes de Bure Health Care à 3 milliards de couronnes (environ un demi-milliard de francs).

«Ces acquisitions serviront de base à notre développement dans le domaine de la psychiatrie» explique Knut Leman, porte-parole de Bure Health Care. Rachetées au groupe américain Magellan Health Services, les deux cliniques continueront à être gérées à partir de Londres par Patricia Hodgkinson, directrice de la nouvelle entité. Le groupe, qui fait partie d'Investment AB Bure, est le numéro un scandinave dans le secteur de la santé. «Nous sommes principalement présents en Scandinavie dans le domaine des soins hospitaliers, explique Per Båtelson, directeur de Bure Health Care. Le fait que nous entrions dans les marchés suisse et britannique constitue pour nous un pas important.»

Le secteur hospitalier connaît de grandes différences en fonction des pays, notamment dans le financement des soins de santé: alors que la plupart des services hospitaliers sont financés par des compagnies d'assurances en Suisse, c'est en majeure partie le gouvernement qui les prend en charge en Suède. D'après Knut Leman, la répartition serait à peu près égale entre le gouvernement et le secteur privé au Royaume-Uni. Bure Health Care estime que ces différences sont loin de constituer un handicap et espère au contraire en tirer profit. «Les avantages présentés par le Royaume-Uni et la Suisse sont évidents, dit Per Båtelson. Le Royaume-Uni est très orienté vers le développement et bénéficie d'une longue expérience dans le domaine de la psychiatrie. En Suisse, le fait que les couvertures médicales soient de sources privées a accru le niveau de compétition et de professionnalisme dans ce secteur.» Une tendance typiquement américaine de la gestion de la santé qui ne tardera pas, selon Per Båtelson, à gagner l'Europe. La compétition se ferait déjà sentir non seulement en provenance du Royaume-Uni et de la Suisse, mais également des Pays-Bas et de l'Allemagne.

Si les compétences différentes du Royaume-Uni et de la Suisse dans le domaine des soins de santé en font des pays intéressants pour Bure Health Care, le groupe compte également mettre à profit sa propre expérience dans la transformation d'anciennes entités publiques en compagnies privées, tout en continuant à offrir des services publics. Une expérience acquise au sein de son marché intérieur, comme l'explique Per Båtelson: «Le processus de dérégulation du secteur des soins de santé a été plus rapide en Suède que dans le reste de l'Europe.»

Le directeur de Bure Health Care ne manque pas de projets en ce qui concerne les activités nouvellement acquises en Suisse: «La Métairie a déjà fait l'objet d'une modernisation complète depuis que Magellan Health Services l'a reprise il y a environ dix ans. Mais il existe encore des possibilités de l'accroître, en transférant par exemple certaines méthodes du Royaume-Uni à la Suisse.» Comme la mise en place de soins en externe, que la Métairie ne pratique pas encore, contrairement à Charter Medical, qui pourraient très bien compléter les soins en interne.