Il connaît bien l’île, il a été nommé il y a deux envoyé spécial de l’ONU, il revient du désastre et use de son éloquence légendaire pour décrire l’horreur que chacun a suivi sur les télévisions. Les dizaines de milliers de blessés, les survivants privés de tout, l’argent qui afflue mais le réseau de distribution de nourriture, d’eau, de soins, d’abris qui ne parvient pas à suivre. Alors Bill Clinton fait la manche devant l’assemblée des «global leaders» et demande: «Si quelqu’un ici peut me fournir une centaine de pick-ups, j’en ai besoin pour hier».

Construite d’entente avec le World Economic Forum, sa propre fondation «Clinton Global Initiative» et l’ONU, la démarche a été mise sur pied surtout pour sensibiliser les patrons réunis à Davos aux besoins à long terme de l’île. Sur le mode si américain du «Yes, we can», Bill Clinton rappelle qu’après le génocide rwandais, nul ne misait sur une possible reconstruction du pays. «En cinq ans, grâce à l’effort de la communauté internationale, le revenu par tête a quadruplé dans le pays!», dit-il. «Souvenez-vous d’Aceh, en Indonésie. Là aussi, nous l’avons fait!». Il doit en aller de même à Haïti, où il compte aider les Haïtiens à «construire le pays qu’ils désirent et non celui qui a été détruit».

La catastrophe est d’autant plus injuste que les choses, dit-il, bougeaient dans le bon sens ces dernières années, malgré le chute de 15% du PNB provoquée en 2008 par une succession de autre ouragans. Un forum d’investisseurs avait récemment réuni plusieurs grandes compagnies des pays voisins, que les perspectives de développement avaient séduites. Les très nombreuses ONG présentes à Haïti coordonnaient mieux leur travail. La gouvernance était en progrès. C’est donc aux investisseurs potentiels que Bill Clinton vante les perspectives de l’île en agriculture, tourisme, électricité… Et incite chacun à s’inscrire au «Guichet Haïti» mis en place dans le Centre des congrès de Davos pour que les bonnes volontés ne s’éteignent pas à la sortie de la salle.