Facebook vient cette semaine de rentrer dans un club très select: celui des entreprises dont la valorisation boursière dépasse les 300 milliards de dollars. Les résultats trimestriels présentés mercredi soir, après la clôture de Wall Street, lui ont permis de voir son action progresser à 108,76 dollars jeudi. Vendredi, à l’ouverture de la bourse américaine, l’action reculait de 1,1%, la capitalisation boursière s’élevant toujours à 303 milliards de dollars.

Ce cap, Facebook ne l’a pas atteint seul cette semaine. Amazon a lui aussi dépassé la barrière des 300 milliards de dollars quelques heures avant lui. Le titre du numéro un mondial du commerce en ligne a ainsi gagné 106% depuis le début de l’année, le réseau social 36%. Avec ces progressions, six des huit plus grandes capitalisations du monde sont liées à des sociétés actives dans la technologie, Apple et ses quelque 683 milliards de dollars étant loin devant. Les deux sociétés non technologiques de ce classement sont ExxonMobil (énergie) et Berkshire Hathaway (finance).

Grâce au mobile

S’agissant de Facebook, le titre du réseau social revient de loin. Son entrée en bourse date de mai 2012, avec un prix d’introduction à 38 dollars. En septembre de la même année, l’action touchait le fond avec un plus bas à 17,73 dollars. Les résultats présentés mercredi soir, qui montraient notamment que le réseau social tirait 78% de ses revenus publicitaires du smartphone, ont incité les analystes à voir encore plus grand pour l’action de Facebook.

Ainsi, Mizuho Securities indiquait dans une note que l’objectif de cours passait de 107 à 125 dollars. «L’audience en croissance de Facebook, sa base d’annonceurs importante et en progression, avec des possibilités de ciblage uniques, devraient assurer une forte croissance du chiffre d’affaires dans les 12 à 24 mois. De plus, Instagram, la vidéo, Messenger et WhatsApp peuvent apporter des milliards de chiffre d’affaires dans les trois à cinq ans, voire au-delà.» De son côté, Credit Suisse visait cette semaine les 135 dollars pour l’action de Facebook, alors que l’objectif précédant était de 115 dollars.

Ratios différents

Les analystes interrogés par les sites spécialisés s’accordent pour dire que l’action de Facebook est chère… mais que ce prix est justifié. Le titre se traite à 108 fois ses bénéfices (ratio cours sur bénéfice, ou price earning ratio). A titre de comparaison, le ratio d’Apple est de 13, celui d’Alphabet de 36 et celui de Microsoft de 37.

A priori, les valorisations de ces géants devraient continuer à les distinguer de celles de leurs plus petits concurrents. «Toutes ces sociétés œuvrent dans des secteurs où les effets d’échelle sont récompensés et où de très importants investissements sont nécessaires, rien que pour espérer être concurrentiel», notait un analyste de Deutsche Bank Securities dans le Wall Street Journal. Amazon est un bon exemple: le groupe a investi dans ses centres de données pour l’informatique en nuages (cloud computing), grâce auxquels il est désormais numéro un mondial du secteur. Cette semaine, un analyste de Deutsche Bank estimait que d’ici à 2017, cette division Amazon Web Services vaudrait davantage qu’IBM, soit 160 milliards de dollars. Aucune autre société, pas même Alphabet, ne semble en mesure de rivaliser sur ce marché du calcul et du stockage à distance.