Quels sont les principaux exportateurs d'huile de palme? Comment ont évolué les prix du cuivre, des dérivés du pétrole, du zinc ou du soja? Quels sont les principaux marchés émergents? Quels sont les importants consommateurs de caoutchouc synthétique? Dans quels domaines des différences ont-elles été observées concernant l'offre ou la demande d'or? Toutes ces données sont importantes pour les négociants comme pour les acteurs des pays en développement. Les premiers ont des moyens financiers que les seconds n'ont pas; de leur côté, ces derniers assument des responsabilités politiques, sociales et économiques et, en fonction de celles-ci, ont besoin de connaître les marchés des matières premières.

Chargée de construire – puis de maintenir – des ponts entre le Nord et le Sud, la CNUCED (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) a mis sur pied un partenariat avec le secteur privé, afin que les responsables de ces pays disposent de ces outils de compréhension.

Exemple: le sucre

Réunies au sein de l'association Cyclope, des entreprises, dont le géant américain Cargill, ont financé la rédaction d'un épais rapport sur les matières premières (World Commodity Survey 1999-2000). Ce document permet par exemple de mieux discerner l'évolution des marchés de matières premières. Exemple: le sucre. L'évolution de la production et de la consommation explique en grande partie les surplus actuels. Durant les saisons 1997/98 et 1998/99, un rééquilibrage s'est produit, notamment dû à une forte chute de la production et de l'exportation au sein de l'Union européenne (la production y est passée de 19,3 millions de tonnes à 18 millions de tonnes, et l'exportation de 6,2 millions de tonnes à 5,4 millions de tonnes). En revanche, le Brésil s'affirme comme premier exportateur mondial, son volume étant passé de 5,8 millions de tonnes en 1996/97 à 7,2 millions de tonnes aujourd'hui. Le rapport, publié conjointement par la CNUCED et Cyclope, est riche en tableaux et infographies. Ses sources sont diverses. Dans le cas du sucre, ses auteurs ayant par exemple utilisé les données de l'ISO (International Sugar Organisation), de la FAO, du Département américain de l'agriculture, de la société d'analyse F.O. Licht et des négociants E.D. & F. Man et Czarnikow.

C'est en novembre 1998, à Lyon, qu'est née l'idée de cette publication, appelée à devenir l'une des «bibles» des acteurs de ces marchés. Le projet a ensuite été ficelé par une équipe issue de chaque partenaire. «Nous allons encore développer ce type de partenariat», explique au nom de la CNUCED Olivier Matringe, chargé de la Division des Produits de base. L'organisation onusienne compte offrir notamment son expertise sur plusieurs questions: le fonctionnement des Bourses de produits et de matières premières; le financement du commerce international, en y incluant l'utilisation des produits dérivés; le conseil aux compagnies privées désireuses d'utiliser des instruments de gestion des risques; le contrôle et la formation des agents gouvernementaux qui utilisent ces données et ces instruments, afin d'éviter des cas de détournements, d'évasion fiscale ou de corruption.