De nouveau, le Geneva International Motor Show 2019 est rattrapé par la question climatique. Ouvert depuis mardi à la presse, il donne l’occasion aux principaux patrons du secteur automobile de s’exprimer sur les défis à venir. Entre les perspectives d’avenir et les annonces de nouveaux modèles, la crainte de ne pas atteindre les objectifs européens en termes d’émissions de CO2 monopolise de plus en plus les discussions.

Le tout électrique, la solution ?

Il faut dire qu’à partir de 2020 les constructeurs ne devront plus présenter que des gammes composées de véhicules émettant, en moyenne, moins de 95 grammes de CO2 au kilomètre. Un objectif imposé en 2014 par la Commission européenne dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et qui est encore loin d’être atteint. Ces émissions plafonnent en effet à 118 grammes au kilomètre actuellement. A la clé, ce sont des sanctions pouvant atteindre le milliard d’euros par constructeur qui risquent de tomber, selon le cabinet de conseil BCG.

La solution pourrait-elle passer par le tout électrique? La stagnation des ventes de voitures avec une telle motorisation en Europe, autour de 1,5% des nouvelles immatriculations, ne semble pas améliorer la situation. Sur ce point, la Suisse fait mieux que l’Union européenne avec un score à 3,3% pour février d’après les statistiques annoncées lundi par Auto-Suisse. Ce résultat ne doit pas faire oublier un autre chiffre. En 2018, les SUV représentaient plus de 40% des ventes. Ces véhicules présentent des émissions de CO2 parmi les plus importantes, à l’instar du VW Tiguan, le plus vendu en Suisse, qui dépasse les 170 grammes au kilomètre selon la motorisation.

Des niveaux d’inquiétude variables

Lundi, dans une interview au quotidien français Le Figaro, le patron de PSA, Carlos Tavares, s’est inquiété de la pression que ces directives font peser. Selon lui, les amendes encourues pourraient ruiner de nombreux constructeurs, menaçant également les 13 millions d’emplois en Europe liés à l’industrie automobile. Lors d’une interview donnée à Bloomberg, le directeur de Volkswagen, Herbert Diess, affirme quant à lui pouvoir atteindre ce seuil via le développement de sa gamme électrique.

Déjà bien avancé dans l’hybride et l’électrique depuis vingt ans, Toyota semble plus serein. Son directeur pour l’Europe, Johan van Zyl, également interrogé par l’agence économique américaine, ne montrait pas particulièrement d’inquiétude sur ce sujet. Il était plus concerné par la menace que font toujours planer les incertitudes sur le Brexit.