Les mois d'assoupissement de l'activité économique liés aux Jeux olympiques ont pris fin. Coca-Cola, qui a largement profité de l'événement sportif dont il était l'un des sponsors mondiaux pour accroître sa visibilité sur le sol chinois, a annoncé hier une offre d'achat de 2,4 milliards de dollars pour acquérir Huiyuan Juice Group. «Huiyuan est une marque de jus de fruits à succès, établie de longue date en Chine, et elle est hautement complémentaire des opérations chinoises de Coca-Cola», a assuré dans un communiqué Muhtar Kent, le patron de l'américain.

Le groupe chinois détient 46% du marché des jus de fruits frais selon AC Nielsen et, selon Danone, l'un de ses principaux actionnaires, il a réalisé un chiffre d'affaires de 2,7 milliards de yuans (380 millions de dollars) en 2007. A l'inverse, Coca-Cola ne possède que 9,7% du marché des jus de fruits selon les analystes de Euromonitor International mais il aurait la main sur plus de la moitié du marché des boissons sucrées, selon les déclarations en septembre dernier de son ancien président E. Neville Isdell.

Gros investissements à Shanghai

Après le début de la construction en septembre dernier d'un centre industriel et d'innovation à Shanghai dont le coût estimé approche les 80 millions de dollars, Coca-Cola réassure sa volonté de «faire de la Chine son premier marché mondial», comme l'avait annoncé son ancien président. Il n'est à l'heure actuel que son 4e marché mondial.

Ensuite, et ce n'est pas le plus mince des changements, le groupe américain affirme désormais qu'il ne peut plus uniquement compter sur son modèle de base, les boissons gazéifiées, pour espérer croître. A l'heure où la problématique santé devient majeure en Chine et où l'obésité se normalise, le voilà obligé de se diversifier, ce qu'il avait déjà entamé dans le Pays du Milieu.

Cet investissement serait le plus important réalisé par Coca-Cola en Chine, mais aussi sa deuxième plus importante acquisition mondiale après celle d'Energy Brands Inc pour 4,1 milliards de dollars en 2007. Au-delà du groupe américain, cette opération serait également le plus important achat d'un groupe chinois par un étranger. Si elle a reçu l'accord de trois investisseurs détenteurs de 66% des parts du groupe chinois, dont son président, elle doit encore recevoir l'accord des autorités chinoises. Elle pourrait en effet tomber sous le coup de la loi sur le monopole, entrée en vigueur le 1er août. Toute acquisition ou entrée dans le capital qui modifie la direction d'une entreprise doit être analysée par les administrations compétentes.