Economie

Au cœur des marchés. Faut-il craindre les chocs géopolitiques?

Au cœur des marchés.

Au cours des siècles passés, les conflits globaux de longue durée ont eu des conséquences dévastatrices et durables tant sur l'économie que sur les marchés financiers. Les guerres sont par nature inflationnistes («War is purgatory for investors»). Elles rendent notamment l'accès aux matières premières difficile, favorisent le protectionnisme, détournent la recherche et le développement à des fins militaires. Elles poussent les gouvernements à multiplier les dépenses non productives induisant une allocation sub-optimale du capital. Ainsi, au cours de l'histoire, les rapports cours/bénéfices ont systématiquement été sous pression lors des conflits globaux.

La fin de la Guerre froide a constitué un tournant majeur à la fin du siècle passé. Depuis lors, le «dividende de la paix» s'est installé et les conflits se sont régionalisés grâce à l'avènement d'une seule superpuissance dominante, les Etats-Unis. Les corollaires en sont connus, tels que la libéralisation accélérée du commerce, la réduction massive des dépenses d'armement, l'essor de la recherche et du développement civil. Autant d'éléments à caractère profondément désinflationniste. Parallèlement, la propension des entrepreneurs et des investisseurs à prendre des risques s'est renforcée.

Contrairement aux guerres globales, les conflits régionaux, notamment au Proche-Orient (Koweït 1990 ou Irak en 2003), n'ont que temporairement affecté les marchés (boursiers essentiellement) et peu l'économie. Les événements du 11 septembre 2001 présentent également un épicentre régional. Exception notable: la guerre du Kippour d'octobre 1973 qui a eu des effets profonds sur l'économie et les marchés, au travers de la hausse vertigineuse du prix du pétrole (monétisée par les banques centrales).

Les récents événements au Proche-Orient s'inscrivent dans la difficile cohabitation des parties présentes dans la région. Malgré la brutalité des faits et des images, il ne me semble pas que l'impact sur l'économie mondiale et les marchés financiers sera d'une grande portée (pour autant que ce conflit ne prenne pas une dimension plus large...). Les prix du pétrole restent à nos yeux à l'intérieur de la fourchette attendue et semblent largement assimilés par la majorité des investisseurs.

Pour avoir un impact plus marqué sur la croissance (ou l'inflation), il faudrait que la hausse s'accélère à partir des niveaux actuels, ce que nous n'attendons pas. La vulnérabilité des pays développés n'a cessé de baisser depuis les précédents chocs pétroliers et les banques centrales sont plus réalistes (elles drainent actuellement la liquidité).

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