L'Europe déçoit sur le plan du dynamisme conjoncturel en 1999 et ceci se traduit par la faiblesse de l'euro. Structurellement l'Europe connaît de graves handicaps par rapport aux Etats-Unis ou à l'Asie notamment dans son évolution démographique ou dans la création des emplois. Au cours des 15 dernières années, l'économie américaine a enregistré un taux de croissance économique annuel supérieur de près de 1% à celui de l'Europe, ce qui explique largement le renforcement du leadership des Etats-Unis dans le monde. Cette croissance a permis d'investir et de réduire le chômage. Si aux Etats-Unis la croissance de l'emploi semble limitée car une partie importante de la population occupe désormais un emploi, il en va tout autrement en Europe où le potentiel de croissance reste considérable si une portion plus large de la population trouvait un travail. La politique économique de la «nouvelle Europe» doit donc impérativement s'orienter vers une augmentation de l'emploi associée à une réduction de la pression fiscale sur les entreprises et les particuliers. Pour ce faire, il faut que les Etats se serrent plus la ceinture. Les efforts consentis dans le cadre du Traité de Maastricht ont assurément constitué une base solide pour la mise en place de la monnaie unique, par en quelque sorte la mise à niveau de tous les participants. Après l'entrée en vigueur réussie de l'euro, il faut désormais penser à l'après-Maastricht, à savoir un modèle économique moins restrictif. L'Europe rencontre encore trop de difficultés à entretenir sa propre croissance par la consommation des ménages et l'investissement. Elle dépend de manière trop importante de son commerce extra-européen, ce qui la rend vulnérable à tout soubresaut de la croissance mondiale.

Les premiers signes d'amélioration conjoncturelle chez les deux «retardataires» européens que sont l'Allemagne et l'Italie semble redonner des couleurs à l'euro depuis quelques jours. Cette éclaircie devra impérativement être confirmée par une poursuite de la reprise, au risque de voir la monnaie européenne recommencer à fléchir. De plus, la faiblesse de l'euro n'incite pas les investisseurs non européens à acquérir des titres dans cette région, ce qui laisse l'Europe à la traîne des places boursières. La solution aux problèmes européens est dans l'engagement de réformes politiques profondes qui changent les relations entre l'Etat et le secteur privé, sans endommager les règles de base de la solidarité sociale. Par ailleurs, l'investissement dans les métiers du futur doit être accéléré. L'après-Maastricht commence aujourd'hui si on ne veut pas que le beau projet européen perde de son ambition et de sa portée.

* Responsable UBP Gestion Institutionnelle