Bon, cette fois-ci je m'y prends peut-être trop tôt, mais il paraît que ce sont toujours les premiers arrivés qui sont les mieux servis. Alors… Cher Père Noël, pour 2005, je vous commande d'abord une baisse graduelle du prix du pétrole et des matières premières. Cela permettra de faire refluer les pressions inflationnistes et surtout cela soulagera les pressions sur les marges des entreprises.

Une croissance des bénéfices de l'ordre de 5 à 10% serait alors tout à fait possible, et très sympathique, car aux niveaux actuels d'évaluation des Bourses européennes, cela se traduira naturellement par une progression identique des indices. Mais prenez garde de ne pas presser trop fort sur le prix du pétrole, car on pourrait craindre alors que la baisse ne résulte d'une chute inattendue de la demande, ce qui serait synonyme de récession économique.

Je vous commande également un Louvre II renforcé, sous la houlette des présidents de banques centrales, messieurs Trichet, Greenspan et Xiaochuian, afin de stabiliser la devise américaine, et tenter ainsi de repousser les craintes de déstabilisations financières déjà rencontrées dans l'année 1987.

Enfin, je vous commande quelques augmentations d'impôts aux Etats-Unis, afin d'espérer un nécessaire retournement budgétaire et un ralentissement contrôlé de la demande intérieure. Comme en 1969-1970, lorsque l'Amérique dut corriger les conséquences des politiques budgétaires expansives des années précédentes, qui avaient vu des fortes baisses de taxes et des hausses des dépenses militaires…? A vous de voir, mais peut-être faudra-t-il également aller inventer des recettes fiscales qui permettront de faire comprendre aux propriétaires immobiliers que leur actif ne peut pas être une source de liquidités perpétuelle pour financer des dépenses de consommation courante. Privatiser les dépenses sociales? Si elles ont l'avantage de réduire les dépenses publiques, elles entraînent néanmoins des conséquences négatives évidentes pour les revenus des individus.

Soyez donc ici également modéré dans votre action, car le poids de la dette rend la croissance funambule. Un faux pas peut être catastrophique. En tout cas, essayez de briser cette nouvelle illusion financière qui laisse croire, de Washington à Genève, que la nouvelle gestion publique peut baisser les impôts et augmenter les dépenses sans avoir d'impact sur les taux d'intérêt à long terme… En attendant, cher Père Noël, même si mes demandes paraissent inaccessibles, je constate que le prix du pétrole a déjà faibli et que la chute du dollar est pour le moment enrayée. Je suggère donc que nous fêtions ensemble Noël en novembre…