Au cœur des marchés. Piqûre de rappel

Au cœur des marchés.

400 milliards de dollars de plus. Le chiffre est impressionnant, mais ce qui frappe encore plus, c'est la manière dont il a été obtenu. 400 milliards, c'est simplement le surplus de recettes fiscales obtenu par le gouvernement américain depuis la fin de 2003, et ce, malgré les baisses substantielles d'impôts mises en place par l'administration Bush en 2001. Ces recettes fiscales se répartissent grosso modo à égalité entre individus et entreprises, mais en proportion, la contribution des entreprises est énorme. Les recettes fiscales obtenues sur les bénéfices des sociétés ont doublé, alors que celles des individus ont progressé de 20%. On voit bien ici l'importance fiscale des sociétés. Plus elles font des bénéfices, plus vite l'équilibre budgétaire peut être atteint. L'évidence est donc là: la piqûre dans le bras de l'économie dont parlait G. Bush a été efficace. La baisse d'impôts a permis de relancer la croissance, d'augmenter les revenus disponibles des salariés, d'améliorer les bénéfices des entreprises, de créer des emplois, et de regonfler les recettes fiscales. Saluons cette intelligente décision! A l'heure où certains croient encore qu'il faut monter les impôts pour réduire les déficits, l'exemple américain méritait le détour. Et rappelons par la même occasion que la hausse des impôts ne peut pas réduire les inégalités, car, à l'inverse des baisses, elle tend à réduire la croissance, les recettes budgétaires et donc le pouvoir de redistribution en dépenses sociales. Dans ce cadre, les hausses d'impôts sont stupides et ne sont qu'un slogan à vocation politicienne: «Faire payer les riches». Car s'il s'agit d'équité sociale, le vrai geste politique ne peut se situer que du côté des dépenses budgétaires. D'ailleurs, l'Amérique se trouve aussi confrontée à ce problème. Il est illusoire de parier sur sa seule croissance économique pour combler le déficit budgétaire et réduire la dette. Après l'intelligence, c'est de courage politique que l'Amérique a besoin. Mais il est plus facile de baisser les impôts que de réduire les dépenses publiques.

Quant à l'Europe, si la réflexion fiscale semble loin derrière les Etats-Unis, relevons que nombre de futurs entrants dans l'UE ont déjà adopté un système fiscal encore plus révolutionnaire (la «flat tax»), et profitent d'une croissance très forte. La piqûre de rappel semble être donc un must. Reste à savoir quelle substance inoculer dans nos bras noueux.

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