L'ours qui hibernait depuis près de dix ans est sorti de sa tanière. De son côté, sans toutefois être atteint d'une quelconque maladie bovine, le fier taureau de Wall Street est allé se reposer. Les techniciens sont désormais unanimes, nous sommes dans un «bear market» global, configuration plus vue sous nos latitudes depuis bien longtemps. Les Etats-Unis subissent la gueule de bois d'un surinvestissement et d'une consommation débridée, alors que le reste du monde – qui avait plus raisonnablement participé à la fête – n'arrive pas à générer suffisamment de croissance endogène pour compenser les effets récessifs américains. La formidable course à l'équipement technologique s'est brutalement arrêtée, tant dans le domaine des télécommunications – passage difficile à la nouvelle génération – qu'au niveau des infrastructures techniques, tant pour les entreprises que pour les particuliers. Le niveau élevé de profitabilité des entreprises, enregistré récemment lorsque la demande était forte et l'outil de production largement utilisé, ne pourra plus être amélioré dans un avenir proche.

En conséquence, les révisions importantes à la baisse des attentes bénéficiaires – non seulement pour l'année en cours, mais également pour le moyen terme – déploient largement leurs effets négatifs sur les marchés, la baisse récente des taux permettant au mieux d'en freiner l'impact sur les cours. L'ambiance très négative qui prévaut actuellement reflète déjà très largement ce changement d'environnement boursier.

Toutefois, il serait inapproprié d'escompter un retour rapide au dynamisme des cotations de la fin des années 90, car les conditions fondamentales ont changé. Les stratégies d'arbitrage ou de neutralité de marché sont à nouveau très prisées et l'industrie des fonds alternatifs – qui avait perdu quelques-uns de ses ténors au début de 2000 – découvre une nouvelle génération de gérants. De même, les produits de taux largement évités par les investisseurs encore récemment retrouvent des partisans. Si les actions devraient logiquement continuer à produire la meilleure performance parmi les classes d'actifs sur le long terme, une approche diversifiée faisant plus de place à des stratégies d'arbitrage et de taux est certainement plus adaptée au contexte du moment.

UBP Gestion institutionnelle, les@ubp.ch