Economie

Au cœur des marchés. Un risque encore à tester

Au cœur des marchés.

Les hedge funds en baisse, voire en difficulté? - Au lendemain des fortes turbulences rencontrées en mai par les marchés financiers, certains observateurs soulèvent déjà la question avec inquiétude. A vrai dire, la question n'est pas nouvelle. Cela fait même vingt ans que l'on entend la même question et que la réponse, sous forme de constatation, est toujours la même: à la hausse, ils ne sont pas vraiment meilleurs, mais c'est à la baisse qu'ils ont su faire la différence face à la gestion classique. Comme la loi d'airain du monde financier se décline en termes d'intérêts composés, les hedge funds ont creusé un écart conséquent sur la durée. Et tant pis si certains esprits chagrins le contestent en faisant mine d'ignorer la réalité indiscutable des chiffres.

Ce qui ne veut pas dire que de nombreux hedge funds n'aient pas mis la clé sous la porte dans des conditions peu glorieuses, mais le groupe de tête a systématiquement mis à profit sa souplesse d'action et de réaction pour anticiper les fractures et les retournements des marchés financiers. La croissance spectaculaire du secteur est là pour le confirmer, si besoin était.

Le vrai avantage comparatif des hedge funds est peut-être beaucoup plus prosaïque que ne l'imaginent certains détracteurs du métier. Outre une conceptualisation plus aboutie rendue possible par des bases de données sans limites, c'est au niveau de l'opérationnel qu'ils font aussi la différence. J'en veux pour exemple la parfaite maîtrise administrative d'un Medallion, le fonds du légendaire Jim Simons qui avait été capable de nous fournir nos valeurs d'inventaire dans les heures qui avaient suivi la réouverture des Bourses post-11 septembre, alors que les grandes structures comptaient en jours, pour ne pas dire en semaines. En bref, les meilleurs s'attellent en permanence à prévoir et à simuler l'impossible. C'est pour cela qu'ils resteront devant.

Reste l'hypothèque de la liquidité. Car les prospectus de ces structures, toutes uniques, comporteront des surprises pour ceux qui ne se seront pas donné la peine de les étudier à fond. Et face à des difficultés exceptionnelles de marché, gageons que la logique bureaucratique de certaines grandes organisations aura vite tendance à se replier derrière des notes de bas de page pour geler les fonds des clients. Ce risque-là doit encore être testé.

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