Parmi les 24 marques exposantes du SIHH, il y en a quelques-unes dont la marche des affaires est moins soumise aux humeurs des marchés, aux évolutions boursières ou aux tensions géopolitiques. C’est le cas de Greubel Forsey.

La marque indépendante, basée à la Chaux-de-Fonds, produit une centaine de pièces par année. Avec des prix de ventes qui s’élèvent à plusieurs centaines de milliers de francs, elle s’adresse avant tout aux collectionneurs. Ses montres trouvent preneurs dans une quarantaine de pays différents, calcule Stephen Forsey, co-fondateur de la marque née en 1999.

«Nous ne sommes pas immunisés, mais il est vrai que face à l’avalanche de mauvaises nouvelles, nous essayons d’avoir une approche différente, avec un peu plus de recul. L’objectif est de changer l’état d’esprit de notre clientèle, de la séduire, au-delà des problèmes du quotidien. Il ne faut jamais oublier que ceux qui perdent font toujours des gagnants», philosophe le patron d’origine anglaise. Qui concède aussi qu’en ces temps incertains, ses «Quadruple Tourbillon» ou ses «Double Balancier 35°» sont parfois considérées comme des valeurs refuges. Depuis 2008, une trentaine de pièces ont été revendues aux enchères, chiffre-t-il.

Deux clients ont tous les modèles

En douze ans d’existence – la marque a véritablement démarré en 2004, Greubel Forsey n’a jamais lancé de campagne publicitaire. Par contre, elle a développé vingt calibres. De quoi alimenter régulièrement l’intérêt des connaisseurs, initiés ou non aux «inventions» de la marque. Certains d’entre eux ont acheté plusieurs des créations de l’horloger, double vainqueur de l’Aiguille d’or du Grand Prix de l’horlogerie de Genève (GPHG). Il y en a même deux qui les possèdent toutes. Mais la meilleure nouvelle pour la pérennité de l’entreprise, se réjouit Stephen Forsey, c’est que le cercle de riches amateurs s’élargit. «A nos débuts, la moyenne d’âge des clients était de 60 ans environ. Aujourd’hui, elle est de 40 ans».

Ce positionnement n’a pas empêché la marque de procéder à des licenciements. En 2015, elle s’est aussi séparée de son directeur, Emmanuel Vuille. «Il a œuvré à moderniser notre organisation, en verticalisant la hiérarchie et en créant un comité de directeurs», résume Stephen Forsey. L’exercice est visiblement réussi, puisque le poste n’a pas été repourvu.

Lire les autres articles de nos journalistes présents au SIHH:

Audemars Piguet a dépassé la barre des 800 millions de chiffre d’affaires

Parmigiani passe à l’âge adulte

Comment Piaget suit la clientèle chinoise

Vacheron Constantin face à la gestion de l’imprévisible

Neuf nouvelles marques apportent «un nouveau souffle» au SIHH