Le patron de Tesla, Elon Musk, a racheté l’adresse X.com à PayPal au début du mois de juillet. Pourquoi cette acquisition, pour près de 5 millions de francs, comme l’estimait ce mardi The Verge? «Par sa rareté, ce site très facile à retenir est comme une œuvre d’art, que l’on peut revendre pour le double de son prix dans quelques années», imagine Paul Cosmovici, fondateur de Cosmovici Intellectual Property à Genève. Et ce dernier d’ajouter: «Vu son énorme potentiel de visibilité, en termes de recherche automatique sur Google, il répond à la catégorie des identifiants «aspirateurs de publicités», et donc de revenus pour son propriétaire.»

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Comment se porte le marché mondial des noms de domaine? «Nous approchons d’une crise planétaire», estime Paul Cosmovici. Selon lui, les extensions traditionnelles comme le «.com», le «.ch» ou le «.fr» arrivent à saturation. «Mais une nouvelle série d’extensions, soit environ un millier de noms de dernière génération lancée depuis 2014, pourrait détendre, sinon inverser la tendance», espère-t-il.

La fin d’une domination

La disponibilité des extensions dites traditionnelles s’étant réduite, de nombreuses entreprises ont commencé à investir dans des noms de domaine faisant directement référence à leur secteur d’activité. Exemples: les identifiants web comme «.club», «.shop», «.tech», «.design» et autres «.media» ont dernièrement connu un succès fulgurant.

Pour s’offrir l’identifiant web de leur choix, les multinationales ont parfois mis de gros moyens. Uber a par exemple accepté de vendre 2% de ses actions à Universal Music pour posséder «uber.com». Pour acquérir les extensions faisant directement référence à leur marque («.bmw», «.mcdonalds», «.nike», etc.) plus de 600 sociétés ont à ce jour dépensé environ 100 millions de francs.

Pour les entreprises disposant d’une surface financière moins importante? Il faut opter pour les extensions – moins classiques –, comme par exemple «.health», actuellement mise au concours. «Les sociétés détentrices seront plus facilement indexées par les moteurs de recherche et apparaîtront en tête des résultats liés à leur cœur d’activité», souligne Paul Cosmovici.

Une disponibilité par phases

A condition de démontrer un lien commercial avec le domaine médical ou la santé, et moyennant environ 200 francs, tout un chacun pouvait s’inscrire jusqu’à la semaine dernière via l’Icann (l’organisme mondial gérant les ressources du Net). Objectif: figurer en tête de liste des prétendants à l’extension «.health».

Cette dernière, distribuée selon le principe des enchères, ne sera disponible pour les retardataires qu’en décembre prochain. «Le plus dingue, c’est que de très nombreuses entreprises ignorent jusqu’à l’existence de tels lancements par étapes. Il faut absolument qu’elles se mettent à jour si elles souhaitent doper leur communication en ligne et survivre dans le monde numérique de demain», conclut Paul Cosmovici.