Énergie

Les commandes tardent à venir pour Solaxess

La deuxième édition du Prix SUD a été lancée lors du Forum des 100 jeudi à Lausanne. L’occasion de revenir sur la start-up Solaxess, lauréat 2018

En septembre dernier, la start-up neuchâteloise Solaxess remportait la première édition du Prix SUD 2018, décerné par Le Temps en partenariat avec le groupe Romande Energie. A l’occasion du Forum des 100, une nouvelle mouture du Prix SUD a été lancée. Le concours revêt désormais une dimension nationale et s’adresse aux jeunes pousses de moins de cinq ans qui développent un produit ou un service original, commercialisable et respectueux des critères ESG (environnement, social, gouvernance).

Neuf mois après la remise du Prix SUD 2018, comment se développe Solaxess? Cette distinction a-t-elle été utile? «Ce prix amène de la visibilité et c’est ce qu’il y a de plus important pour une start-up. Tant qu’on est visible, on est vivant», note Sébastien Eberhard, directeur de Solaxess. L’entrepreneur a pu faire connaître sa société auprès de plusieurs architectes. «En revanche, c’est plus compliqué d’attirer l’attention des fabricants de panneaux solaires, qui se trouvent à plus de 85% en Chine. Or ce sont eux nos principaux clients.»

Retards dans les livraisons

La start-up commercialise des films nanotechnologiques qui sont déposés sur des panneaux photovoltaïques. Ceux-ci peuvent être colorés en fonction des goûts de l’architecte ou du maître d’ouvrage. Ils ressemblent à des matériaux de construction traditionnels déclinés dans plusieurs teintes et peuvent revêtir non seulement les toits mais surtout les façades des immeubles. «Installés en façade, ils remplacent la pierre, l’Eternit ou des matériaux composites, rappelle Sébastien Eberhard. En posant 50 à 60 mètres carrés en façade, on couvre les besoins en électricité d’une famille de quatre ou cinq personnes.»

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Solaxess a quitté l’incubateur Neode à Neuchâtel pour emménager dans une zone industrielle à Marin. Ces neuf derniers mois, elle a connu quelques difficultés dans la livraison de ses films PET sur lesquels sont pulvérisés des métaux aux capacités diélectriques. «Notre fournisseur avait changé certains composants. Il a fallu refaire tous les tests en chambre climatique, afin d’étudier une nouvelle fois le vieillissement accéléré des matériaux. Il y a eu des retards dans les livraisons», déplore Sébastien Eberhard.

Projet «Mille arbres» à Paris

Aujourd’hui, Solaxess peut compter sur 170 projets, essentiellement à l’étranger. Elle participe par exemple au projet «Mille arbres» qui doit émerger Porte Maillot aux alentours de 2022 à Paris. Il s’agit d’un édifice futuriste végétalisé, imaginé par deux architectes, le Japonais Sou Fujimoto et le Français Manal Rachdi.

En Suisse, les projets sont beaucoup plus rares. «Quelques architectes ont souhaité construire des petits immeubles avec des façades actives mais la Suisse n’est pas un pays précurseur», regrette Sébastien Eberhard.

Qu’en est-il du rapport de Solaxess avec le groupe Romande Energie, partenaire du Prix SUD? Le groupe a apporté son aide d’un point de vue marketing. Toutefois, aucun projet concret n’a été réalisé avec le fournisseur d’électricité. «Nous croyons dans la technologie de Solaxess mais leur modèle d’affaires est compliqué, avec à la fois des fabricants de panneaux, des revendeurs et des installateurs», estime Edgar Haldimann, membre du jury du Prix SUD et responsable du Smart Lab, un centre de compétences de Romande Energie, qui prévoit néanmoins une collaboration avec Solaxess lors d’un prochain projet de rénovation.


Pour participer au Prix SUD Start-Up Durable 2019, les jeunes entreprises sont invitées à envoyer leur dossier de candidature jusqu’au mercredi 20 juin sur www.letemps.ch/startup.

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