L'accumulation de mauvaises nouvelles économiques ces dernières semaines a relancé une vieille rengaine: la critique contre les médias. On leur reproche d'amplifier l'étendue réelle des dégâts et, au final, de provoquer une crise qui aurait pu être évitée, sans leurs gros titres. Les économistes ont depuis longtemps identifié ce phénomène des «anticipations auto-réalisatrices». Le sévère ralentissement conjoncturel ne peut cependant être passé sous silence. Il y va de la crédibilité du messager. Et les lecteurs savent faire la part des choses. D'ailleurs, tout ne va de loin pas si mal. A commencer par la première préoccupation des consommateurs, leur propre emploi. Le taux de chômage reste très bas, et les projections n'annoncent aucune détérioration massive immédiate. Reste que la confiance pourrait s'évaporer. L'Europe, bien plus touchée que la Suisse, répond vite par des mesures visibles et rapides. Berne commence juste à s'en préoccuper. Peut-être la leçon de la crise d'UBS a-t-elle été retenue. Les difficultés de la grande banque ont été longtemps niées, sans que cela ne stoppe le départ de milliers de clients, qui auront vu dans son sauvetage la confirmation de leurs craintes.