Les commentaires généralement positifs des analystes à propos de l'offre lancée lundi par Swiss Life sur AWD n'ont pas empêché l'action de l'assureur de dévisser de plus de 7%. Cette réaction ne peut pas s'expliquer seulement par le prix de la transaction: le montant de 1,16 milliard d'euros avancé par Swiss Life est même souvent qualifié de raisonnable par la communauté financière.

La raison du scepticisme des marchés doit être cherchée ailleurs. La nature même des activités d'AWD, à savoir offrir un service de conseil financier véritablement indépendant, reste difficilement conciliable avec le fait d'être contrôlé par un actionnaire majoritaire particulier. Swiss Life compte en effet lui-même parmi les principaux fournisseurs de produits dans le domaine de la prévoyance et de l'assurance vie en Suisse et dans d'autres pays d'Europe.

S'y ajoute aussi un problème d'image. Carsten Maschmeyer, le fondateur à la fois charismatique et controversé d'AWD, est certes parvenu à améliorer la réputation de la société, grâce à l'entrée en bourse en 2000. Toutefois, AWD devra encore réussir à se débarrasser complètement de son image de vendeur agressif qui tranche quelque peu avec le style de Swiss Life.