Rieter est un groupe formidable, bien géré, solide, rentable. Son action a bondi mercredi (+1,6%). Elle salue un bénéfice net supérieur aux attentes, l'abondance des liquidités nettes et un rendement de 3% sur le dividende. Mais les acheteurs passent un peu furtivement sur les risques à court terme.

Les prochains mois seront très difficiles. Dans le textile, le sommet du cycle est derrière nous. Et dans l'automobile, les constructeurs effectuent d'innombrables changements de modèles cette année, ce qui pèse sur les ventes des sous-traitants. La restructuration de Fiat (8% des ventes de la division auto de Rieter) et surtout l'incertitude sur les décisions stratégiques que General Motors annoncera d'ici à la fin avril rendent les perspectives de Rieter très fragiles.

L'attention se portera sur GM. Non seulement le constructeur américain peine face à la concurrence asiatique, mais les frais de couverture médicale de ses employés et ex-employés sont gigantesques: 5,6 milliards cette année. Ils renchérissent de 1525 dollars le coût de chaque voiture. Selon le magazine Barron's, si les retraités et les salariés refusent des concessions, GM n'aura pas d'alternative à la procédure sur les faillites. A court terme, GM devra abandonner des modèles et peut-être même des marques. L'Amérique pèse lourd dans le chiffre d'affaires de Rieter: GM 11%, Ford, également en petite forme, 14%. On peut douter que les efforts de Rieter auprès des groupes japonais (19% des ventes) puissent rapidement compenser les effets de la crise de GM. L'investisseur ferait bien d'attendre quelques semaines et d'acheter Rieter à un meilleur prix.