La faiblesse des marchés des actions a mis fin à un lieu commun: la banque privée génère un revenu stable, à faible risque, par opposition aux activités de banque d'affaires. Faux. Les revenus des banquiers privés sont affectés à deux niveaux: chute de la performance en valeur des actifs investis, et chute des revenus générés tant sur le nombre de transactions que sur leur valeur individuelle. Conséquence: les bonus à la performance en prennent un sacré coup. Aussi bien Sarasin que Vontobel et Julius Bär ont réduit les provisions pour bonus au premier semestre. Dans le cas de Julius Bär et de Vontobel, cela a carrément permis d'abaisser les coûts globaux du personnel, de respectivement 4,5% et 11%, tandis que Sarasin a pu en limiter la hausse à 7%, contre 19% si la direction n'avait taillé dans les bonus. Julius Bär a indiqué avoir réduit les bonus de 38%. Leur part dans les dépenses de personnel passe ainsi de 41%, il y a un an, à 27%. Idem pour Sarasin et Vontobel: même si ces dernières ne publient pas les pourcentages exacts, on sait que la part des bonus a dramatiquement rétréci. Et cela ne va pas s'arranger au deuxième semestre: les observateurs les plus optimistes ne tablent pas sur une reprise des affaires bancaires de commissions et de négoce avant le quatrième trimestre 2001.