Une quinzaine de fonctionnaires dirigés par une personne employée à 40% peuvent-ils vraiment influencer les prix fixés par plusieurs milliers de collectivités publiques? Poser la question, c'est y répondre. Dans les faits, le poids du surveillant des prix s'exerce davantage par des actions d'éclat et des effets d'annonce. La manière dont Werner Marti a dû se résigner à publier sur un site Internet les différences de prix de l'électricité entre les communes pour inciter les consommateurs à faire pression sur leur fournisseur, montre la limite de son pouvoir de simple recommandation. La pression psychologique permet d'éviter quelques abus et de modérer provisoirement l'appétit financier de Swisscom, de La Poste ou de certains prestataires de soins. Elle ne règle pas le problème du monopole d'Etat dans la fixation des prix administrés.

Pour mettre un terme à ce bricolage, hérité de l'affolement dû à un cycle inflationniste, la solution logique consiste à confier à la Commission des cartels, dotée de moyens de sanctions, la tâche de défendre l'intérêt des consommateurs dans le secteur privé comme dans le secteur public. W. B.