Le recul de la monnaie unique pourrait se révéler délicat pour l'Europe. Pas pour les entreprises du Vieux Continent, qui gagnent en compétitivité. Non, la menace provient des risques inflationnistes. Un phénomène directement lié au prix du pétrole, calculé en dollar.

Depuis début 2002, la vigueur de l'euro a permis de tempérer l'explosion du cours de l'or noir. Le baril de brut est passé de 20 à 55 dollars. Dans le même temps, l'euro a grimpé de 0,9 à plus de1,30 dollar. Converti en devise européenne, le pétrole a évolué dans une fourchette allant de 22 à 35 euros. Le renchérissement du brut a été partiellement neutralisé. Du moins jusqu'à l'automne dernier. Le pétrole a depuis cassé la barrière des 40 euros.

Un constat s'impose. Le plongeon actuel de la monnaie unique n'est pas vraiment une bonne nouvelle. Il va renchérir la facture pétrolière des pays européens. Bien qu'elle soit attendue à 1,8% en 2005, contre 2,1% l'année dernière, l'inflation risque d'effectuer son retour sur le devant de la scène. Théorique pour l'instant, la menace inflationniste semble bien réelle. Mais l'économie européenne, stagnante, ne pourra pas s'offrir le luxe d'une hausse des taux.

Délicat, tout cela. On sait que la Banque centrale européenne n'acceptera aucun dérapage du côté des prix. Dès lors, un fort repli du cours du baril s'avère nécessaire. Le pétrole n'a pas fini de faire trembler les économies.