Trois jours après le Valais et peu avant Genève, Vaud publie son baromètre conjoncturel trimestriel. Cet instrument de pilotage économique sans doute plus important pour nous que le moral des ménages américains dont nous abreuvent les agences financières serait encore plus utile s'il ne souffrait de deux insuffisances.

Primo, il est incomplet. Compilation d'enquêtes menées auprès de leurs membres par les associations professionnelles, le baromètre vaudois ne couvre que 40% des emplois du canton, ignore des secteurs entiers, comme la finance et les services publics, et ne mesure pas des données importantes comme l'investissement des entreprises.

Deuxièmement, il ne permet pas les comparaisons intercantonales. Les chambres de commerce ont amorcé dans ce sens des efforts méritoires, mais insuffisants. Or il ne sert à rien de se dire en petit comité que «ça va mieux» ou «moins bien» que l'année passée. Pour que les baromètres deviennent de véritables outils politiques, ils doivent permettre de se mesurer aux voisins, d'identifier des faiblesses et de les corriger. Le moment où la Confédération ouvre le marché intérieur et où l'Office fédéral de la statistique se réinvente un avenir paraît bien choisi pour faire ce saut qualitatif.